A la question « Quelle œuvre d’art a été suscitée par le 11 septembre 2001 ? », la réponse la plus prévisible est September, de Gerhard Richter. Peinte en 2005, donnée au Museum of Modern Art de New York par son auteur, la toile a été montrée dans la plupart de ses rétrospectives. Ses dimensions sont assez réduites : 52 × 72 centimètres. Procédant selon la méthode qu’il a perfectionnée depuis les années 1960, Richter reprend l’image de l’impact du deuxième avion, vu de loin. Il la peint, puis racle la surface encore humide, ce qui produit des stries et des taches blanches. On dirait une photographie mal développée ou une image télévisuelle brouillée.
Ces procédés de mise à distance évitent le spectaculaire propre à la peinture d’histoire et au cinéma. L’artiste les a appliqués systématiquement à ses œuvres à sujet politique : le nazisme dans sa famille, la mort des terroristes de la Fraction armée rouge dans la suite 18. Oktober 1977. September a donc été commenté en ce sens, et est devenu un classique de Richter.
Celui-ci n’est cependant ni le premier à s’être saisi du sujet, ni celui qui en donne l’interprétation la plus complexe. Dès 2002, son compatriote et ex-ami Sigmar Polke (1941-2010) réalise une suite d’œuvres de grande taille, à partir d’images prises dans la presse. Si elles ne donnent pas à voir les attentats, elles en observent les conséquences.
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