L’appartenance ethnique peut contribuer, également, à diviser une société, et les crises ou les conflits comportant cette dimension abondent dans l’actualité.
L’ethnie (ou tribu, dans la seconde acception du terme) se définit comme un groupe d’individus qui se rattachent (biologiquement ou, cas le plus fréquent, symboliquement) à un ensemble de familles, de clans ou de tribus (première acception du terme), utilisant la même langue, partageant une culture commune et privilégiant l’endogamie. À l’origine, les Grecs nommaient ethnos un groupe qui n’avait pas encore atteint le stade de l’organisation politique, la polis. La souveraineté partagée et l’obéissance aux lois fondaient, à leurs yeux, la supériorité de la seconde. Il demeure donc, dans la représentation occidentale, une connotation péjorative attachée au qualificatif d’“ethnique“. Les sciences sociales contemporaines éliminent cette hiérarchisation et analysent sans préjugés les mécanismes d’interrelations qui débouchent sur ces distinctions entre les groupes. L’analyse géopolitique ne doit pas perdre de vue le fait que le partage d’un même territoire, qu’il s’agisse de celui du peuplement d’origine ou de quartiers en zone urbaine, contribue au renforcement de la cohésion de l’ethnie ainsi qu’au maintien de son particularisme. Ce lien entre l’identité et le territoire conserve d’ailleurs une très grande force. Lors des troubles post-électoraux au Kenya, début 2008, par exemple, on observa de grands mouvements migratoires internes : les membres des différentes communautés ethniques qui se trouvaient en butte à des violences eurent le réflexe de retourner sur la terre de leurs ancêtres [1].
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