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17 octobre 1806 — Assassinat de Dessalines : les accusations d’Henry Christophe révélées dans la Gazette du 4 juin 1807

17 octobre 1806 — Assassinat de Dessalines : les accusations d’Henry Christophe De la proclamation du 14 janvier 1807 à sa republication du 4 juin 1807 Le 17 octobre 1806, Jean-Jacques Dessalines est assassiné au Pont-Rouge, aux abords de Port-au-Prince, au cours de l’insurrection dirigée c

17 octobre 1806 — Assassinat de Dessalines : les accusations d’Henry Christophe révélées dans la Gazette du 4 juin 1807
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18 octobre 2026
17 octobre 1806 — Assassinat de Dessalines : les accusations d’Henry Christophe révélées dans la Gazette du 4 juin 1807
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17 octobre 1806 — Assassinat de Dessalines : les accusations d’Henry Christophe révélées dans la Gazette du 4 juin 1807

  • by Rezo Nodwes
  • 17 octobre 2026
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17 octobre 1806 — Assassinat de Dessalines : les accusations d’Henry Christophe

De la proclamation du 14 janvier 1807 à sa republication du 4 juin 1807

Le 17 octobre 1806, Jean-Jacques Dessalines est assassiné au Pont-Rouge, aux abords de Port-au-Prince, au cours de l’insurrection dirigée contre son gouvernement. Près de trois mois plus tard, Henry Christophe met en cause Alexandre Pétion et plusieurs de ses adversaires dans une proclamation au peuple et à l’armée. Daté du 14 janvier 1807, ce document est reproduit dans le numéro 5 de la Gazette officielle de l’État d’Hayti, le jeudi 4 juin 1807, aux pages 18 à 20. Il constitue une source contemporaine pour l’étude des accusations entourant le meurtre de l’Empereur et de leur utilisation dans la guerre civile. Sa lecture exige cependant de distinguer les déclarations du signataire des faits établis par confrontation documentaire. [1]

« Donné au quartier général de la ville Dessalines, le 14 Janvier 1807, l’an quatre de l’indépendance. »

La signature typographique « HENRY CHRISTOPHE » apparaît sous le titre de « Chef du Gouvernement d’Haïti », suivie du contreseing de « ROUANEZ jeune », secrétaire du gouvernement. La mention finale du numéro indique l’atelier d’impression : « Au Cap, chez P. Roux, imprimeur de l’Etat. » [1, p. 20]

Christophe n’est pas encore roi. Sa proclamation précède la Constitution du 17 février 1807, qui le désigne comme président et généralissime à vie de l’État d’Haïti. L’établissement de la royauté appartient à une étape ultérieure, consacrée par la loi constitutionnelle du 28 mars 1811. En janvier 1807, le document intervient au milieu de la rupture avec les dirigeants de Port-au-Prince, après l’adoption de la Constitution républicaine du 27 décembre 1806. Celle-ci attribue au Sénat d’importants pouvoirs financiers, diplomatiques et de nomination. La lutte porte ainsi sur la succession de Dessalines et sur l’organisation du pouvoir dans l’État indépendant.

La proclamation expose d’emblée sa fonction de justification militaire :

« Ces hommes, étrangers à tout sentiment humain, m’ont forcé, malgré moi, de leur faire la guerre. » [1, p. 18]

Pétion constitue sa principale cible politique. Christophe lui reproche ses changements d’alliance depuis Toussaint Louverture et Rigaud jusqu’à l’expédition française. Il l’accuse d’avoir dissimulé son ambition « sous le masque d’une philosophie mensongère » et présente sa compassion envers les cultivateurs et les soldats comme un procédé destiné à obtenir leur adhésion. L’évocation de Dessalines assassiné prend place dans ce réquisitoire contre la légitimité de ses adversaires.

La page suivante nomme Bonnet, Blanchet aîné, Blanchet jeune, Domaicq et Lys. Les reproches diffèrent selon les personnes : espionnage et trahison pour Bonnet, appropriation des fonds publics pour Blanchet aîné, ambition et haine pour Blanchet jeune. Domaicq est désigné par la formule « dont le seul nom est une injure ». Cette succession de noms précède le passage directement consacré à l’assassinat :

« Que pouvait-on attendre d’un pareil assemblage ? Des forfaits ! Après avoir massacré l’Empereur, qui, disaient-ils, avait fait verser le sang haïtien, n’ont-ils pas impitoyablement assassiné plus de trente Officiers supérieurs ? Eh pour qu’elle raison ? On rougirait de le penser ! Seulement parce qu’ils étaient noirs et éclairés. » [1, p. 19]

Le pronom « ils » renvoie collectivement au groupe dénoncé. Cette construction accuse une faction ; elle ne décrit pas, pour chacun de ses membres, un geste précis commis au Pont-Rouge. Le texte ne fournit ni liste des officiers supplémentaires, ni dates et lieux de leur mort. Il serait donc abusif d’en déduire que toutes les personnes nommées ont matériellement participé à l’assassinat de l’Empereur, ou que les « plus de trente » officiers auraient été tués avec lui le 17 octobre. La proclamation atteste la formulation de ces accusations dans le discours officiel de Christophe.

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