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3 SEPTEMBRE 1977 — Ricot Jean-Baptiste « Bonjour Rico ! » : la voix qui fit danser Haïti s’éteignait à 31 ans

Flashback — Quarante-neuf ans après sa disparition, la mémoire d’Ulrick « Ricot » Jean-Baptiste demeure intimement associée à l’âge d’or des mini-jazz et à une période où la radio haïtienne ne se contentait pas de diffuser la musique : elle contribuait à fabriquer les goûts, con

3 SEPTEMBRE 1977 — Ricot Jean-Baptiste « Bonjour Rico ! » : la voix qui fit danser Haïti s’éteignait à 31 ans
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3 septembre 2026
3 SEPTEMBRE 1977 — Ricot Jean-Baptiste « Bonjour Rico ! » : la voix qui fit danser Haïti s’éteignait à 31 ans
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3 SEPTEMBRE 1977 — Ricot Jean-Baptiste « Bonjour Rico ! » : la voix qui fit danser Haïti s’éteignait à 31 ans

  • by Rezo Nodwes
  • 3 septembre 2026
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Flashback — Quarante-neuf ans après sa disparition, la mémoire d’Ulrick « Ricot » Jean-Baptiste demeure intimement associée à l’âge d’or des mini-jazz et à une période où la radio haïtienne ne se contentait pas de diffuser la musique : elle contribuait à fabriquer les goûts, consacrer les orchestres et donner un vocabulaire à toute une génération. Le 3 septembre 1977 disparaissait prématurément l’une des voix les plus reconnaissables de cette époque.

Né en 1946 selon plusieurs témoignages biographiques et arrivé au micro en 1968, Ricot Jean-Baptiste s’imposa d’abord à Radio Haïti avec Tambour battant. L’émission devint un rendez-vous musical autour duquel se construisit une véritable communauté d’auditeurs. Sa diction, ses formules, son sens de la programmation et cette manière très personnelle d’introduire les disques transformèrent l’animateur en personnage public. Une expression lui survivra : « Et voilà une sélection que l’on aime bien ! »

Ricot appartenait à cette première grande école de l’animation musicale haïtienne pour laquelle le présentateur était simultanément programmateur, critique, découvreur et prescripteur. Les Difficiles de Pétion-Ville, Shleu-Shleu, Tabou Combo, Les Loups Noirs et les autres formations de cette génération évoluaient au moment où la radio devenait l’un des principaux laboratoires de légitimation du compas. Ricot ne regardait pas cette mutation à distance : il en était l’un des médiateurs.

Son nom demeure également attaché à l’histoire du terme « mini-jazz ». Haïti-Référence lui attribue l’expression ou, plus exactement, sa généralisation pour désigner ces formations plus réduites qui, à partir du milieu des années 1960, modifiaient l’orchestration du compas en incorporant davantage de guitares et certaines influences rock et yé-yé. L’historiographie musicale n’est cependant pas entièrement unanime : d’autres travaux font remonter une première utilisation de l’appellation à Nemours Jean-Baptiste, avant sa diffusion par Ricot à l’ensemble de cette nouvelle génération de groupes.

Après Radio Haïti, l’animateur rejoint Radio Métropole, alors installée rue Pavée. Il y reprend une émission précédemment animée par Marie-Cécile et lui donne une nouvelle identité : Tam Tam 129. Le passage de Ricot d’une grande station à une autre confirme déjà son statut. La radio musicale haïtienne connaissait alors une compétition où la personnalité de l’animateur comptait presque autant que les disques placés sur la platine.

Ricot Jean-Baptiste n’était cependant pas exclusivement homme de micro. Des souvenirs publiés plusieurs décennies après sa mort indiquent qu’il codirigeait également la Pharmacie Fatima, à Turgeau, presque en face de la ruelle Duncombe. Il appartenait donc aussi à la géographie quotidienne de Port-au-Prince : celle des quartiers, des commerces, des studios et des lieux de rencontre d’une capitale dont la vie culturelle se déployait entre salles de spectacle, bals, kermesses, drive-in et postes de radio.

Puis vint le 3 septembre 1977. Ricot mourut à seulement 31 ans. Les documents aujourd’hui accessibles évoquent une disparition tragique, sans permettre d’en établir avec certitude toutes les circonstances. Sa mort provoqua un choc considérable parmi ses auditeurs. Le témoignage recueilli des années plus tard par Gilbert Mervilus le décrit comme « la grande vedette du quartier et l’idole d’une génération ». Sa disparition créa également un vide professionnel : des archives consacrées à la radio haïtienne indiquent que Joe Damas, futur « Papi Joe », commença sa carrière au micro de Radio Métropole en 1977, à la suite de la mort de Ricot.

La postérité allait lui offrir une sépulture autrement durable : une chanson. En 1984, Zèklè inscrit Tambour Battant à son répertoire. Composée par Joël Widmaier sur un texte de Ralph Boncy, l’œuvre transforme le souvenir de l’animateur en chronique sonore du Port-au-Prince des années 1970. Les Difficiles, le hit-parade, les rendez-vous radiophoniques et la voix disparue réapparaissent dans une évocation où l’histoire individuelle rejoint celle de toute une génération.

« Bonjour Rico ! » lance la chanson avant cette réponse qui traverse les décennies : « On t’oublie ? Pas encore. »

Cette formule paraît aujourd’hui presque documentaire. Quarante-neuf ans après le 3 septembre 1977, Ricot Jean-Baptiste reste présent chaque fois que les archives sonores ramènent la voix des mini-jazz, chaque fois que l’on interroge l’origine de leur appellation, chaque fois encore que Tambour Battant de Zèklè recommence à jouer.

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