Ce lundi 21 septembre, la Tageszeitung (TAZ) consacre sa une aux cris de joie d’Elif Eralp et de son équipe. La candidate du parti de gauche radicale Die Linke est arrivée en tête de l’élection régionale dans le Land de Berlin, avec près de 26 % des voix, loin devant la CDU − parti du maire-gouverneur sortant, Kai Wegner −, qui obtient environ 19 % des suffrages.
“La CDU expropriée !” s’exclame le quotidien de gauche, en référence à l’une des propositions phares de celle qui a battu les conservateurs. Elif Eralp entend en effet exproprier les grandes sociétés immobilières pour nationaliser 220 000 logements de la ville, où les loyers ont bondi de 70 % en dix ans.
La candidate avait mis la crise du logement au cœur de sa campagne − arborant même un collier de lettres formant les mots “encadrement des loyers” − et créé une dynamique semblable à celle qui a permis l’élection de Zohran Mamdani à la mairie de New York.
Une victoire “en trompe-l’œil”
Le score de Die Linke “devrait suffire pour former une alliance de gauche” à la tête du Land de Berlin, “avec une femme issue de l’immigration [turque] à sa tête”, souligne la TAZ. De quoi confirmer “la réputation de Berlin comme laboratoire du progressisme” dans le pays.
Attention, prévient toutefois le journal : il s’agit d’une victoire “en trompe-l’œil” pour la gauche, qui “ne peut pas faire oublier” la percée historique de l’extrême droite dans deux autres Länder. Dimanche 20 septembre, soit deux semaines après la victoire de l’AfD en Saxe-Anhalt, le parti est également arrivé en tête dans le Land de Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, dans le nord-est du pays.
Même à Berlin, l’AfD, arrivée en troisième position, a presque doublé son score par rapport au précédent scrutin et obtient 16,3 % des suffrages (contre 9 % lors de l’élection de 2023).
Certes, les deux Länder appelés aux urnes dimanche pourraient être dirigés par des coalitions de gauche, et pas seulement Berlin − car en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, la sociale-démocrate Manuela Schwesig, candidate à sa réélection, talonne l’AfD et devrait pouvoir continuer de gouverner grâce à un jeu d’alliances. Pour autant, la percée de l’extrême droite est historique dans le pays − et inédite depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.
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