Ceuta est passée “du chaos au silence”, raconte Ceuta al Dia. Samedi, dans ce que le site Internet décrit comme “l’épicentre d’une crise migratoire sans précédent”, il était “difficile de croire que c’était le même endroit” que quarante-huit heures plus tôt, quand des dizaines de milliers de jeunes Marocains avaient nagé jusqu’aux rivages et arpenté les rues. “Le son des sirènes a été remplacé par celui des vagues”, poursuit le site.
“La frontière respire à nouveau”, titre El Periódico, qui rappelle que “la plupart des magasins et des restaurants avaient fermé, jusqu’à ce qu’il devienne presque impossible de trouver de la nourriture. Beaucoup avaient baissé le rideau par peur”. Les commerces ont finalement rouvert et la ville “commence à connaître un retour à la normale”, confirme El Pueblo de Ceuta, toutefois “plus visible dans le centre que dans les bidonvilles” et la présence des forces de l’ordre reste massive. “Les autorités maintiennent un déploiement opérationnel important et continuent de surveiller l’évolution des événements, conscientes que la situation reste délicate et que la reprise complète dépendra du rythme à laquelle la présence de migrants dans les rues de la ville diminue”, explique le journal. Le cas de centaines de mineurs isolés sera plus délicat à résoudre que renvoyer les adultes au Maroc.
La RTVE rapporte un échange entre deux résidentes. “Sur la plage, cachés sous le mur de pierre de la promenade, de petits groupes de migrants tentent d’échapper à l’œil des soldats. “Ils sont là ! ”, crie une femme, avertissant l’armée. “Chut. Mais ne dis rien”, lui dit une autre depuis le parasol d’à côté. “Tu vas les emmener chez toi ? ”, lui demande alors la première”.
Dans l’eau, pour faire obstacle à de nouvelles tentatives, les autorités ont installé dans la matinée une barrière flottante de 500 mètres de long, entre 30 et 70 centimètres de haut “avec une partie immergée jusqu’à un mètre de profondeur”, indique El Mundo. Une installation “combinée à la recherche de nouvelles victimes sous la mer”, pointe El País. Le bilan est d’au moins 67 morts. “Il est risqué de faire une estimation du nombre total de victimes”, confie une source au quotidien. D’autant que “de l’autre côté de la frontière, les agents marocains récupéraient également des victimes en mer”. Des médecins légistes sont arrivés d’autres villes d’Espagne pour assister les secours.
“L’inquiétude et l’indignation” de Felipe VI
El País note par ailleurs que “la querelle politique commence à s’intensifier”. Alberto Núñez Feijóo, le président du parti populaire et opposant du gouvernement socialiste de Pedro Sánchez, s’est rendu sur place, dénonçant “une occupation préméditée”. Le roi Felipe VI “a décidé de rompre son silence”, constate La Razón. Le monarque a fait de son “inquiétude et indignation” en insistant sur le fait que “L’État doit veiller à la sécurité et éviter que ces événements ne se reproduisent”.
El Mundo signale que le roi s’est exprimé d’une façon “à ne pas mettre le Maroc en colère”, compte tenu du statut particulier de Ceuta et Melilla, à proximité. “Les villes autonomes sont les seules enclaves d’Espagne qu’il n’a pas visitées pendant son règne. Don Juan Carlos, quant à lui, ne s’était rendu qu’une seule fois dans ces territoires”, précise le journal. Le gouvernement espagnol a par exemple salué Rabat pour son aide et plutôt critiqué le rôle des mafias, même si leur implication dans cette crise n’est pas claire.
La pression vient également de l’Union européenne. Une réunion d’urgence des ministres de l’intérieur de l’UE est programmée mardi en visioconférence, souligne La Nueva España. Vingt-deux pays, dont l’Italie et l’Allemagne, ont signé une lettre stipulant leurs réserves sur la politique migratoire de Madrid, jugée trop laxiste avec les sans-papiers. Une autre lettre envoyée par Pedro Sánchez à la Commission européenne, dénonçant l’égoïsme de plusieurs de ses partenaires européens, “aggrave l’isolement de l’Espagne”, s’inquiète ABC.
L’Arabie saoudite se prépare à une nouvelle guerre au Yémen
Commentaires (0)
Laisser un commentaire
Aucun commentaire. Soyez le premier !