Dans la ville de Gaza, défigurée par les bombes israéliennes qui l’ont amputée de ses tours emblématiques, Assil Al-Louh ne manque pas de raisons de souhaiter des élections. Elle a 32 ans et n’a jamais pu se prêter à l’exercice. La dernière fois qu’un scrutin national a eu lieu dans la bande de Gaza, c’était en 2006, année de la victoire du Hamas, qui a ensuite régné en maître sur le territoire. Cette mère de trois enfants, diplômée en technologies de l’information, aujourd’hui sans emploi, voudrait voir émerger de nouveaux responsables palestiniens. « Il faut que les personnes changent, pour que les mentalités changent », témoigne-t-elle par téléphone, seul moyen de joindre les habitants de Gaza, où la presse étrangère est interdite d’accès par Israël depuis près de trois ans.
Mais voter maintenant ? La jeune femme hésite à peine : « Nous ne sommes pas prêts. » A Gaza, où plus de 80 % des constructions ont été endommagées, les préoccupations sont ailleurs : trouver de l’eau potable, chercher de quoi manger, protéger les enfants des attaques israéliennes. « Il n’y a même pas de routes praticables », ajoute Assil, qui a survécu à cinq offensives israéliennes depuis 2008. La dernière a tué son frère de 29 ans en décembre 2024.Près de trois millions de Palestiniens, dont 1,24 million de Gazaouis, sont, en principe, appelés à élire leur Parlement le 28 novembre.
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