Trois tentes sont alignées sur une bande de sable bondée et balayée par les vents. Leurs fenêtres offrent une vue imprenable sur les vagues qui déferlent sur ce rivage de la Méditerranée. De l’intérieur nous parviennent des chants, ainsi que le son d’une guitare, d’un violon et puis d’une flûte.

Or, si cette musique évoque le calme et l’harmonie, on ne peut pas en dire autant du cadre qui l’entoure. Des dizaines d’abris de fortune surpeuplés sont disposés en rang d’oignons autour de nous, dans la chaleur étouffante de l’été à Gaza.

De jeunes enfants se fraient un chemin dans les décombres et sur une route criblée de nids-de-poule, entre les voitures cabossées et les charrettes tirées par des chevaux. Au-dessus de leurs têtes, on entend le bourdonnement des drones militaires israéliens qui survolent la zone.

“Un outil essentiel de soutien psychologique”

Ces trois tentes abritent les locaux de l’antenne gazaouie du Conservatoire national palestinien, destiné à l’enseignement de la musique classique, populaire et traditionnelle.

Fondée en 1993, cette institution culturelle disposait autrefois de locaux bien équipés à Gaza, avec trois pianos et une réserve remplie d’instruments et de partitions. Ses élèves voyageaient pour se produire dans le monde entier.

Mais cela, c’était avant l