Des pluies torrentielles se sont abattues sur Istanbul, ce 14 octobre, la plus grande ville de Turquie subissant son pire épisode de précipitations depuis 1985, souligne le quotidien Birgün. Le quartier de Beykoz notamment, sur la rive asiatique, a même enregistré les mesures les plus élevées de l’histoire récente de la métropole, avec 242 millimètres d’eau cumulés en un jour et demi.
À titre de comparaison, c’est plus d’un quart du total des précipitations enregistrées à la station météo de Paris-Montsouris sur l’ensemble de l’année 2024, la plus pluvieuse recensée dans la capitale française. Ce 15 octobre, le Centre de coordination des catastrophes de la ville (Akom) a même indiqué que le niveau avait dépassé les 273 millimètres à Beykoz, les pluies s’étant poursuivies durant la nuit.
D’impressionnantes images ont circulé sur les réseaux sociaux, notamment celles d’une femme secourue après avoir été emportée par les eaux dans une rue transformée en torrent, comme le montre une vidéo partagée par Cumhuriyet. Dans d’autres séquences, on peut voir des voitures ensevelies sous la boue et flottant dans les rues, ou les passagers d’un bus juchés sur leurs sièges après que l’eau a envahi l’habitacle.
La municipalité mise en cause
Le gouverneur de la ville, Davut Gül, a indiqué qu’au moins deux personnes étaient décédées, dont un adolescent électrocuté. Les autorités ont décrété la fermeture des écoles pendant deux jours, alors que de nouvelles pluies étaient attendues ce 15 octobre.
Les services de la municipalité ont été sollicités à près de 7 000 reprises et ont déployé des milliers de leurs agents sur le terrain, rapporte Birgün. Au-delà de l’ampleur du phénomène, les dégâts soulignent des failles dans la gestion municipale, en particulier concernant les réseaux d’évacuation des eaux et la sécurité des installations comme des axes de circulation. Mégapole de quelque 16 millions d’habitants, Istanbul a connu une explosion démographique et un développement urbain rapide et anarchique que les pouvoirs publics ne sont pas parvenus à accompagner.
Les militants de l’AKP, parti islamo-nationaliste du président Recep Tayyip Erdogan, se sont mis en scène en train de distribuer, dans les rues, des couvertures imperméables en plastique aux passants trempés. Les partisans du pouvoir turc en ont profité pour mettre en cause la gestion de la ville, aux mains de l’opposition depuis 2019, mais dont le maire, Ekrem Imamoglu, est emprisonné depuis mars 2025. Alors que la répression s’accroît envers l’opposition, le gouvernement risque de tenter dans les prochains mois de mettre la main sur la municipalité, s’inquiète l’opposition turque.
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