“Je suis arrivé ici à 14 ans, j’ai mis six jours pour venir en passant par l’Italie, raconte Hamza*, un Tunisien de 18 ans à peine, sur la terrasse d’une boulangerie, en centre-ville de Marseille. Le jour d’arrivée à Marseille, j’ai pu dormir chez mon frère puis je suis allé voir l’Addap 13. J’ai été accepté direct parce que j’étais très jeune, ça se voyait.”

Comme des milliers d’autres mineurs non accompagnés (MNA), cet adolescent tunisien s’est présenté à la structure mandatée par le département des Bouches-du-Rhône pour accueillir et évaluer les jeunes étrangers isolés, l’Association départementale pour le développement des actions de prévention (Addap).

En théorie, ces enfants bénéficient des mêmes droits que n’importe quel mineur en danger présent sur le territoire français. La loi prévoit une mise à l’abri d’urgence par les services départementaux, une évaluation de leur minorité et de leur isolement, puis, si leur situation est reconnue, une décision du juge des enfants les confiant à l’Aide sociale à l’enfance (ASE) afin [qu’ils soient] accueillis dans une Maison d’enfants à caractère social (Mecs). C’est la DPJJ [Direction de la protection judiciaire de la jeunesse], au niveau du ministère de la Justice, qui coordonne ce dispositif national et organise une répartition d