L’oligarque Timour Minditch, l’ancien ministre Oleksiy Tchernychov, l’ex-militaire et conseiller politique Oleksiy Arestovytch, l’ancien banquier Kyrylo Chevtschenko ou encore le général déchu Andriy Naumov… Tous sont dans le viseur de la justice ukrainienne. Et tous vivent, ou ont vécu, à Vienne pour échapper aux autorités de leur pays. En Ukraine, ce groupe de fuyards est surnommé, non sans ironie, le “bataillon viennois”. Des hommes, qui, au lieu d’être sur le front, vivraient la grande vie en Autriche.
“Le fait est que pratiquement tous les scandales de corruption ukrainiens des dernières années pointaient en direction de Vienne”, assure Der Standard. De quoi susciter l’indignation des autorités ukrainiennes, qui mettent en avant un paradoxe : “Les partenaires européens exigent de Kiev plus de mesures de lutte contre la corruption [dans une perspective d’intégration à l’Union européenne], mais les suspects peuvent s’installer bien confortablement en Europe.”
“Des parvenus hors sol”
Pourquoi ces fugitifs se rendent-ils dans la république des Alpes ? Le pays fait certes partie de l’Union européenne, mais il est neutre sur le plan militaire, ne fait pas partie de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (Otan) et a la réputation d’être plutôt clément à l’égard des fuyards.
Depuis le début de la guerre avec la Russie, 35 demandes d’extradition ont été adressées par Kiev à l’Autriche. Une seule a pour l’instant abouti, à la fin de 2025. “Il faut dire à ce propos que les autres États européens gèrent les extraditions de façon très semblable à notre pays”, précise le Standard.
“En revanche, l’Autriche compte une quantité incomparable de personnes recherchées par l’Ukraine.”
Au début d’octobre, l’arrestation musclée de journalistes qui enquêtaient à Vienne sur l’ancien procureur général d’Ukraine Ruslan Kravchenko a remis l’expression “bataillon viennois” sur le devant de la scène. Recherché par la justice de son pays dans le cadre d’une affaire d’escroquerie et de blanchiment d’argent, Kravchenko ne se cache pas de vivre dans la capitale autrichienne. Pour nombre d’Ukrainiens, comme pour le Standard, l’ex-magistrat est l’exemple même des “parvenus hors sol” qui forment le fameux “bataillon viennois”.
Vienne, nid d’espions russes
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