Le comportement des autorités dominicaines à l’égard d’Haïti permet de mieux comprendre pourquoi elles semblent toujours préférer avoir en face d’elles des interlocuteurs faibles plutôt que des ministres des Affaires étrangères capables de défendre avec fermeté les intérêts nationaux. L’histoire récente en offre plusieurs exemples. Les tensions diplomatiques ayant opposé Saint-Domingue à Claude Joseph, puis les frictions avec Dominique Dupuy, illustrent la difficulté qu’éprouvent certains dirigeants dominicains à accepter une diplomatie haïtienne affirmée.
À l’inverse, l’actuelle direction de la diplomatie haïtienne donne l’impression d’une absence de leadership. Face aux expulsions massives, aux traitements humiliants et aux nombreuses difficultés rencontrées par les ressortissants haïtiens en République dominicaine, les prises de position officielles se font rares, timides ou tardives. Cette attitude alimente un profond sentiment d’abandon parmi les Haïtiens vivant à l’étranger.
Une diplomatie ne se mesure pas à la multiplication des cérémonies ou des déclarations protocolaires, mais à sa capacité à protéger les intérêts de ses citoyens, particulièrement lorsque ceux-ci sont confrontés à des violations de leurs droits. Dans le contexte actuel, le silence ou l’inaction peuvent être interprétés comme une forme de renoncement.
Haïti mérite une diplomatie plus courageuse, plus proactive et plus déterminée à défendre la dignité de ses citoyens, quelles que soient les pressions ou les rapports de force.
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