Alamut s’élève au sommet d’un piton rocheux, à environ 2 100 mètres d’altitude, dans le nord-ouest de l’Iran, au cœur de la chaîne montagneuse de l’Elbourz. Construite en l’an 226 de l’hégire [840 après J.-C.] la forteresse bénéficiait d’un environnement escarpé ; elle était accessible par un passage étroit, bordé de précipices vertigineux, ce qui rendait sa prise militaire presque impossible.

Le “nid de l’aigle”

Son nom, “Alamut”, pourrait être d’origine daylamite et voudrait dire “enseignement de l’aigle” ou “nid de l’aigle”. La légende raconte en effet qu’un souverain daylamite aurait vu, lors d’une partie de chasse, un grand rapace se poser sur ce rocher, et aurait ainsi saisi toute son importance stratégique. Les Daylamites étaient un peuple iranien établi dans les montagnes du nord de l’Iran actuel, au sud-ouest de la mer Caspienne [aux Xe et XIe siècles]. Ils étaient réputés pour leur puissance militaire et leur insoumission, favorisée par un environnement hostile.

C’est en 1090 que Hassan Ibn Al-Sabbah s’empare de la forteresse afin de faire d’Alamut le bastion du nizarisme. (Ce mouvement prêché par Hassan Ibn Al-Sabbah est une branche de l’islam chiite. Son nom fait référence à Nizar ben Al-Mustansir – fils du calife fatimide qui régna au Caire de 1035 à 1094 –, issu d’