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Allemagne : la portée de la première victoire de l’extrême droite

Par Miguel Sorans 11 septembre 2026. Lors des élections régionales du land de Saxe-Anhalt, dans l’est de l’Allemagne, Alternative pour l’Allemagne (AfD) a obtenu 43,8 % des voix. Il s’agit de la première victoire nette d’un parti d’extrême droite dans un land allemand depuis la Secon

Allemagne : la portée de la première victoire de l’extrême droite
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18 septembre 2026
Allemagne : la portée de la première victoire de l’extrême droite
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Allemagne : la portée de la première victoire de l’extrême droite

  • by Rezo Nodwes
  • 18 septembre 2026
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Par Miguel Sorans

11 septembre 2026. Lors des élections régionales du land de Saxe-Anhalt, dans l’est de l’Allemagne, Alternative pour l’Allemagne (AfD) a obtenu 43,8 % des voix. Il s’agit de la première victoire nette d’un parti d’extrême droite dans un land allemand depuis la Seconde Guerre mondiale.

Ce résultat était prévisible d’après la plupart des sondages. C’est une nouvelle manifestation électorale du déclin et de la chute vertigineuse du capitalisme allemand, de ce que beaucoup appellent déjà « la fin du miracle allemand ». Le revers de la médaille de la crise économique et sociale est le discrédit croissant du gouvernement de l’Union chrétienne-démocrate (CDU) du chancelier Friedrich Merz, qui a succédé à Angela Merkel. Seuls 13 % des Allemands se déclarent satisfaits de l’action du chancelier, le niveau le plus bas jamais enregistré par un chancelier dans l’histoire récente.

Alors que l’extrême droite de l’AfD a plus que doublé son score de 2021, la CDU s’est effondrée à 17,2 %, contre 37,1 % en 2021. De son côté, le Parti social-démocrate (SPD) continue également de reculer, avec 9,2 % des voix, les Verts (8,9 %), Die Linke (8,5 %) et l’Alliance Sahra Wagenknecht (BSW) (5,2 %).

L’ultradroite, représentée par Ulrich Siegmund, s’est assurée 39 des 83 sièges au parlement, soit trois de moins que la majorité absolue nécessaire pour former un gouvernement en Saxe-Anhalt.

La montée de l’extrême droite néonazie et de l’ancienne RDA

La progression électorale attendue de l’extrême droite allemande traduit, comme ce fut le cas avec Trump, Meloni, Le Pen ou encore Milei, Kast et de la Espriella en Amérique latine, un vote de sanction erroné de la part d’un secteur populaire lassé des vieux partis capitalistes traditionnels qui ont déjà gouverné et conduit à la crise sociale, ainsi qu’à la baisse du niveau de vie de millions de personnes. Dans le cas de l’Allemagne, en particulier, il s’agit d’une expression néonazie de l’extrême droite. Celle-ci recueille un soutien majoritaire en Allemagne de l’Est. C’est-à-dire sur les territoires de l’ancienne République démocratique allemande (RDA) qui, de 1945 à 1989, ont été gouvernés sous le stalinisme et sont restés les « régions pauvres ».

La réunification, après la chute du mur de Berlin, et les promesses d’« égalité sociale » avec les Allemands de l’Ouest n’ont jamais été tenues.

Il faut rappeler qu’après la chute du nazisme, en 1945, l’Allemagne s’est retrouvée divisée en deux pays : l’Allemagne fédérale capitaliste de l’Ouest, dont la capitale était Bonn, et la RDA, dont la capitale était Berlin, qui faisait partie des pays où la bourgeoisie avait été expropriée (RDA, Pologne, Roumanie, Hongrie, entre autres) sous le contrôle de la bureaucratie de l’ex-URSS.

Malgré les régimes dictatoriaux des partis communistes, caractérisés par un faux socialisme bureaucratique, les mesures socialistes garantissaient les besoins fondamentaux des masses, tels qu’un emploi assuré, l’éducation, la santé et le logement. Mais, la vie y était morne, marquée par la répression, dépourvue de droits démocratiques, sans droit à la dissidence ni à la protestation. En 1989, la mobilisation révolutionnaire des masses a renversé le mur de Berlin en ex-RDA et a mis fin à ces dictatures. Mais, au lieu de passer à un socialisme supérieur, sans bureaucratie, c’est la restauration du capitalisme qui s’est imposée, balayant ce qui restait des anciennes conquêtes sociales.

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