Si les Européens ont jugé la discussion “franche et constructive”, la déclaration officielle de Moscou, elle, “dégage un vent glacial”, fait remarquer Komsomolskaïa Pravda. Après cet échange, difficile de parler de succès, estime le journal, “mais engager une discussion avec les Européens est évidemment nécessaire. C’est la raison pour laquelle le président a finalement décroché le téléphone mardi.”

Comme d’autres médias pro-Kremlin, Komsomlskaïa Pravda prend un malin plaisir à décrire des dirigeants n’ayant pas eu de mots assez durs contre Moscou et désormais contraints de reprendre langue avec Vladimir Poutine – qui, selon le tabloïd, “a clairement parlé en position de force”.

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Pourquoi téléphoner à Poutine maintenant ? Komsomlskaïa Pravda est convaincu de tenir la réponse : “Il faut comprendre que cette discussion découle évidemment des développements récents : l’accord sur le gazole entre la Russie et les États-Unis, les déclarations de Trump selon lesquelles il est temps de remplacer Zelensky, et pour l’Ukraine de faire des concessions en vue d’un accord.” En réaction au volontarisme américain, les Européens tenteraient ainsi de prendre le train en marche.

Un “indicateur de changement”

Si le tabloïd Moskovski Komsomolets relève que l’initiative scandinave “a provoqué une scission en Europe”, elle constitue un “indicateur de changement”, selon le géopolitologue Fiodor Loukianov. Dans les pages du quotidien officiel Rossiïskaïa Gazeta, cet expert proche du Kremlin estime que “la méfiance à l’égard du parrain américain, les problèmes financiers et sociopolitiques internes et les inquiétudes relatives à la situation en Ukraine incitent à une forme d’action”.

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Selon l’auteur, cet échange téléphonique “témoigne du fait que même en Europe, on commence à admettre que la situation évolue, dans une direction potentiellement défavorable à Kiev et à ses alliés. Et c’est déjà quelque chose.”

Une démarche concertée ?

Le président finlandais, Alexander Stubb, et le Premier ministre norvégien, Jonas Gahr Store, agissent-ils, comme ils l’assurent, en toute autonomie ? Loukianov suppose que la démarche a été préalablement approuvée par Bruxelles : “Il s’agit vraisemblablement d’une précaution en cas d’échec total – l’initiative sera alors présentée comme déraisonnable et l’affaire en restera là.”

Habituel porte-parole de la diplomatie russe, le quotidien Izvestia consacre sa une du jour à cette tentative de “rétablir des canaux de communication directs avec la Russie”. Le journal croit y voir “une évolution de la tendance en Europe, où l’on commence à comprendre que sans dialogue, il sera impossible de résoudre le conflit”. Longtemps, seuls le Hongrois Viktor Orban et le Slovaque Robert Fico s’autorisaient à parler avec Moscou, note Izvestia ; or, depuis peu, les déclarations d’intention se succèdent.

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La suite dépendra des relations entre l’Union européenne et les États-Unis, avance le quotidien, qui mentionne la proximité entre Alexander Stubb et Donald Trump. “Si le dirigeant américain parvient à inciter les autres pays européens à suivre son exemple, alors un horizon pourrait se dessiner dans le dialogue entre la Russie et l’Europe.”