« Déception », « dégoût ». Réunis à proximité des Invalides, dans le 7e arrondissement de Paris, le 15 octobre, une poignée d’Afghans en exil dénoncent les « discussions techniques » entamées entre Paris et le régime taliban. Ce dialogue diplomatique inédit, confirmé le 8 octobre par le Quai d’Orsay, vise à faciliter l’expulsion de ressortissants afghans considérés comme « dangereux » par les autorités et dont la présence sur le territoire français est illégale.
« La définition de la supposée dangerosité des individus concernés n’est pas assez claire, déplore la militante des droits humains Shakiba Dawod, 38 ans. Je m’inquiète de cette diabolisation de la population afghane. » Certes, Paris n’a pas annoncé vouloir expulser des personnes au seul motif de leur situation irrégulière. Mais il existe un précédent. Cet été, l’Allemagne – qui, avec la Belgique et la Suède, est l’un des pays européens à avoir renoué avec le régime de Kaboul – a renvoyé pour la première fois un Afghan ayant épuisé ses recours juridiques et qui, pourtant, n’avait pas de casier judiciaire.
Débouté de sa demande d’asile en première instance, Bilal (qui n’a pas souhaité donner son nom), 23 ans, craint désormais d’être un jour concerné par une mesure similaire. « A Kaboul, je travaillais comme vendeur dans un magasin de vêtements, j’aimais bien la musique. Du jour au lendemain, je n’avais même plus le droit d’en écouter », raconte-t-il.
Il vous reste 74.63% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Commentaires (0)
Laisser un commentaire
Aucun commentaire. Soyez le premier !