La Maison Blanche a fait savoir, vendredi 25 septembre au soir, que CNN ne ferait pas partie du groupe de presse autorisé à voyager à bord d’Air Force One, l’avion présidentiel américain, pour un déplacement du président prévu samedi, nouvel épisode du bras de fer entre l’administration Trump et certains médias.
Selon l’Associated Press (AP), la chaîne de télévision a été remplacée par le média conservateur Real America’s Voice News pour couvrir le déplacement du président à Knoxville, dans le Tennessee, selon les consignes communiquées par la Maison Blanche. Donald Trump doit assister samedi, à la mi-journée, à un match de football universitaire opposant l’université du Tennessee à celle du Texas.
Cette décision intervient peu après qu’un juge fédéral a temporairement suspendu, dans la nuit de mercredi à jeudi, l’interdiction d’accès à la Maison Blanche décrétée par Donald Trump contre les journalistes de CNN, de MS NOW et de Politico. Les reporters des trois médias ont ainsi pu retrouver l’accès à la Maison Blanche. Toutefois, selon AP, cette décision ne concernait que les accréditations permanentes permettant d’accéder au palais présidentiel et ne traitait pas directement de l’accès à Air Force One.
Pas la première mise à l’écart
Donald Trump avait créé la surprise en annonçant, le 18 septembre, bloquer « avec effet immédiat » les accès à la Maison Blanche de CNN, MS NOW et du média en ligne Politico, les accusant de relayer de « fausses informations ». Les trois médias avaient alors invoqué une violation flagrante du premier amendement de la Constitution américaine, lequel garantit la liberté fondamentale d’expression et de la presse.
La place qui était initialement réservée à CNN sur ce vol est, de longue date, destinée à un membre du « pool » vidéo des chaînes de télévision américaines, qui assure une couverture audiovisuelle mutualisée de la présidence et dont Real America’s Voice News ne fait pas partie.
Tout au long de son second mandat, Donald Trump a de plus en plus ciblé les médias dont la couverture lui déplaît, en engageant, contre plusieurs d’entre eux, des mesures administratives ou des actions en justice. Au début de l’année dernière, par exemple, il avait exclu les journalistes d’AP des événements à la Maison Blanche, au motif que l’agence ne respectait pas son décret rebaptisant le golfe du Mexique en « golfe de l’Amérique ».