La capitale de l’Arabie saoudite subit depuis plus d’une semaine des attaques quotidiennes sans précédent des houthistes du Yémen, qui affirment avoir également visé les aéroports et les installations pétrolières dans le reste du pays. De nouvelles explosions ont de nouveau secoué Riyad, mercredi 14 octobre, et la coalition militaire conduite par l’Arabie saoudite pour soutenir le gouvernement yéménite face aux houthistes a affirmé avoir intercepté un missile tiré vers la capitale.
Ces derniers jours marquent une nouvelle escalade dans la guerre entre les combattants pro-iraniens et la coalition saoudienne. Les houthistes contrôlent, depuis une offensive éclair en septembre, le littoral yéménite sur la mer Rouge, renforçant leur emprise sur le stratégique détroit de Bab Al-Mandab.
Les hostilités ne connaissent aucun répit depuis la reprise de la guerre, en juillet : la coalition saoudienne a visé, mardi, des installations pétrolières de la capitale yéménite, Sanaa, aux mains des combattants antigouvernementaux. De leur côté, les houthistes ont ciblé des sites à travers l’Arabie saoudite, comme un bâtiment du géant pétrolier Aramco, dans une région abritant son siège.
Quatre blessés dans la capitale saoudienne
Les « opérations visant le cœur du territoire saoudien se poursuivront dans les jours à venir, ciblant les aéroports et les installations pétrolières de l’ennemi saoudien et les conséquences seront sévères », a déclaré, mercredi, le porte-parole militaire du mouvement pro-iranien, Yahya Saree. Samedi, des frappes sur l’aéroport de Riyad ont fait 13 morts et des centaines de blessés.
Mercredi matin, la défense civile saoudienne a émis des alertes mettant en garde contre « un danger » à Riyad ainsi qu’à Al-Kharj, une région au sud-est de la capitale saoudienne qui abrite une base aérienne. Les alertes ont ensuite été levées. L’Arabie saoudite a aussi fait savoir que quatre personnes, dont un enfant, avaient été blessées par des débris de missiles dans la capitale.
Ces dernières semaines, la plupart des frappes visaient principalement des infrastructures situées en périphérie de Riyad. Mais les bombardements semblent désormais se rapprocher du centre-ville, à en juger par les traînées de missile laissées dans le ciel et par les puissantes détonations que les habitants ressentent désormais.
Le Fonds monétaire international s’est alarmé, mercredi, du fait que les attaques contre l’Arabie saoudite pourraient avoir des répercussions sur les populations « partout » dans le monde en renchérissant les cours des hydrocarbures.
La plus grande économie du Moyen-Orient ébranlée par la guerre
Le ministère de l’énergie saoudien a déclaré, mercredi, qu’un bâtiment d’Aramco situé dans une région abritant le géant pétrolier à Dhahran, dans l’est de l’Arabie saoudite, avait été touché mardi soir par une frappe qui a provoqué un incendie limité, sans faire de victime.
Mardi soir, la coalition saoudienne a aussi fait état de frappes contre des infrastructures du fief des houthistes, Saada, près de la frontière saoudienne. Quelques heures plus tôt, la coalition avait appelé la population à évacuer en prévision d’une « opération spéciale » à Sanaa, ce qui constituait le premier message de ce type depuis juillet.
Deuxième exportateur de brut mondial et plus grande économie du Moyen-Orient, l’Arabie saoudite est ébranlée par les récentes attaques houthistes, d’autant que le royaume paie déjà le prix du conflit au Moyen-Orient, en particulier le verrouillage par l’Iran du détroit stratégique d’Ormuz.
Au Yémen, malgré les frappes de l’aviation saoudienne, les forces gouvernementales peinent à reprendre les territoires conquis par les combattants pro-iraniens, qui ont notamment resserré leur étau sur Taëz, troisième ville du pays.