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Arabie saoudite : des frappes houthistes blessent 73 civils, Riyad promet de riposter

Cette attaque d’ampleur, l’une des plus importantes depuis 2022, marque une escalade sur fond de guerre régionale, alors que Washington y voit la « main de l’Iran ».

Arabie saoudite : des frappes houthistes blessent 73 civils, Riyad promet de riposter
HaitiCreoleRadio.com

L’Arabie saoudite a dénoncé, mardi 8 septembre, une série de frappes des houthistes du Yémen voisin, et a promis de riposter à ce qui constitue la plus importante attaque de ces rebelles pro-iraniens contre le territoire saoudien depuis plusieurs années. Ces frappes auraient blessé 73 civils, dont des enfants, selon le porte-parole de la coalition menée par Riyad, alliée du gouvernement yéménite.

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Les houthistes ont frappé, avec des dizaines de drones et de missiles, le sud de l’Arabie saoudite, visant des sites du géant pétrolier Aramco à Abha, Najran et Jizan, ainsi que la base aérienne du roi Khalid à Khamis Mushait, selon leur porte-parole militaire Yahya Saree. Cette opération a été menée en riposte à « 121 frappes » menées par Riyad au Yémen ces trois derniers jours, a-t-il ajouté, la chaîne houthiste Al-Massirah faisant état de nouvelles frappes saoudiennes mardi.

L’ampleur des frappes saoudiennes de mardi au Yémen n’est pas connue à ce stade, mais celles de lundi ont touché une prison dans la province de Jawf (nord), faisant 11 morts, selon un responsable provincial. La recrudescence des combats a contraint près de 20 000 personnes à fuir leur domicile, selon l’agence de l’ONU pour les migrations (OIM).

Le sud de l’Arabie saoudite, frontalier du Yémen, abrite d’importantes infrastructures pétrolières, notamment à Jizan où Aramco exploite l’une des plus importantes raffineries du royaume, déjà visée à plusieurs reprises depuis juillet et arrêtée dans la foulée.

Le secrétaire d’Etat américain, Marco Rubio, a affirmé voir la « main de l’Iran » derrière les frappes houthistes de mardi. « Par beaucoup d’aspects, les houthistes sont des agents et des alliés des Iraniens. Je pense que la main de l’Iran est clairement derrière une partie de ces événements », a-t-il déclaré.

Selon Riyad, ces nouvelles frappes houthistes ont provoqué « des incendies sur plusieurs sites, entraînant l’interruption temporaire de certaines opérations ». Le royaume « n’hésitera pas à se défendre », a prévenu mardi le chef de la diplomatie saoudienne, Fayçal Ben Farhan, sans « fermer la porte à la diplomatie ».

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Au moins 500 morts depuis jeudi

Les rebelles avaient lancé, jeudi, une importante offensive visant à progresser vers les zones bordant le détroit de Bab Al-Mandab, qui relie l’Asie à l’Europe via la mer Rouge et le canal de Suez. Plus de 500 combattants des deux camps ont été tués depuis jeudi, selon un dernier décompte de l’Agence France-Presse, établi à partir des chiffres des rebelles et ceux des forces gouvernementales.

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a « condamné » les frappes houthistes contre l’Arabie saoudite. « Nous condamnons les attaques transfrontalières menées par les houthistes contre plusieurs sites dans le sud de l’Arabie saoudite », a déclaré son porte-parole, Stéphane Dujarric, se disant également « préoccupé par l’intensification des affrontements militaires sur plusieurs lignes de front au Yémen » et appelant les parties à « épargner la population civile ».

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L’Union européenne (UE) a exhorté les rebelles à « mettre fin à toutes [leurs] attaques ». Celles-ci constituent « une escalade dangereuse, enfreignent le droit international, sapent la sécurité et la stabilité régionales et risquent de compromettre davantage les efforts visant à une résolution pacifique du conflit au Yémen », a déclaré Anouar El Anouni, porte-parole du service diplomatique de l’UE.

Mardi, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a appelé à des « mesures urgentes » pour désamorcer les hostilités au Yémen et en Arabie saoudite et protéger les civils.

Le Yémen est le dernier pays entraîné dans la guerre régionale déclenchée par l’offensive américano-israélienne en Iran à la fin de février. Le cessez-le-feu en vigueur depuis 2022 a volé en éclats en juillet, les houthistes défiant l’hégémonie de Riyad sur l’espace aérien yéménite. Depuis, les rebelles, soutenus par la République islamique d’Iran, multiplient les attaques contre des sites militaires et des zones contrôlées par le gouvernement yéménite. Ils ont également annoncé un blocus maritime de l’Arabie saoudite et visé ses navires pétroliers et ses infrastructures.

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Le Monde avec AFP

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