Les échanges de frappes entre l’Arabie saoudite et les rebelles houthistes du Yémen ont continué, mercredi 9 septembre, au lendemain d’une attaque d’envergure des houthistes ayant fait 73 blessés dans le royaume saoudien, selon les porte-paroles des rebelles yéménites et de la coalition militaire saoudienne.
Après des frappes de Ryad sur le Yémen, mercredi, en représailles de l’attaque de la veille, des drones et des missiles tirés par les rebelles yéménites ont à nouveau visé des infrastructures dans le sud de l’Arabie saoudite, a annoncé la coalition militaire qui dirige le pays.
« Ce mercredi 9 septembre 2026, la milice a lancé plusieurs missiles balistiques et drones en direction des villes de Khamis Mushait, Abha et Jizan », a affirmé le porte-parole de la coalition, Turki Al-Maliki, dans un message publié sur X, sans faire état de victimes.
« Défendre sa souveraineté »
Les houthistes ont relevé, « ces douze dernières heures, 54 frappes » menées par l’aviation saoudienne avec pour cibles « les provinces d’Al-Jawf, de Marib, de Taizz, de Hodeïda et Saada », a déclaré leur porte-parole, Yahya Saree, dans l’après-midi. Ryad n’a pas commenté ces informations dans l’immédiat, mais avait réaffirmé mardi son « droit légitime à prendre toutes les mesures nécessaires pour défendre sa souveraineté », après les attaques dont le royaume a fait l’objet.
Cette nouvelle escalade intervient alors que le conflit au Yémen, déclenché en 2014, mais contenu par une trêve depuis 2022, a repris ces dernières semaines sur fond de guerre au Moyen-Orient.
Cette guerre avait opposé les houthistes aux forces progouvernementales, soutenues par Ryad, faisant des centaines de milliers de morts et plongeant ce pays, le plus pauvre de la péninsule arabique, dans une crise humanitaire majeure.
Plus de 500 morts en une semaine au Yémen
La semaine dernière, les houthistes ont lancé une vaste offensive visant à progresser vers les zones bordant le stratégique détroit de Bab Al-Mandab. Ce passage reliant l’Asie à l’Europe via la mer Rouge et le canal de Suez a gagné en importance depuis le début de la guerre au Moyen-Orient avec le verrouillage par l’Iran du stratégique détroit d’Ormuz, de l’autre côté de la péninsule.
Depuis le début de l’offensive houthiste, jeudi 3 septembre, les combats ont fait plus de 500 morts au Yémen, pour la plupart des combattants des deux camps, selon un décompte établi par l’Agence France-Presse.
Les rebelles ont également annoncé un blocus maritime de l’Arabie saoudite, premier exportateur mondial de brut, et visé ses navires pétroliers ainsi que des infrastructures sur son territoire, notamment une raffinerie. L’Union européenne a exhorté les houthistes à « mettre fin à toutes attaques (…), à l’intérieur et à l’extérieur du Yémen », dénonçant « une escalade dangereuse ».