Lors d’un discours incendiaire visant à défendre sa politique économique, jeudi 20 août, le président argentin, Javier Milei, s’en est de nouveau pris au droit à l’avortement. Dans le style provocateur dont les Argentins sont devenus coutumiers, il a associé la faible croissance du pays aux effets de la chute de la natalité sur le marché du travail et la consommation de la population, pour aussitôt en désigner le coupable : “La folie des foulards verts”. Une référence à la couleur choisie par le mouvement féministe argentin pour défendre la légalisation de l’interruption volontaire de grossesse, approuvée à la fin de 2021.
Ce n’est pas la première fois que Milei montre son opposition à l’avortement : s’il n’a pas tenté d’en obtenir l’abrogation, il a fait de ce sujet “l’un des éléments récurrents de sa bataille culturelle”, rappelle El Diario Ar.
La présidentielle dans le viseur
Cependant, il n’avait jamais tenu de propos aussi “extrêmes”, souligne La Nación, qui rappelle qu’en réalité la natalité a commencé à baisser en 2014 (elle a depuis chuté de 40 %). En 2001, le taux de fécondité s’élevait à 2,1 enfants par femme, contre 1,4 lors du dernier recensement, en 2022. Et ce phénomène global a pour principales causes reconnues les difficultés en matière d’“insertion professionnelle, de stabilité économique, de logement, de formation des couples et de répartition des soins”.
Pas de doute, “Milei accélère en vue de l’élection présidentielle de 2027”, commente l’édition argentine d’El País América, qui voit dans les débordements verbaux du dirigeant ultralibéral un échauffement pour la campagne qui l’attend, alors que sa cote de popularité a chuté à 30 % d’opinions favorables à peine.
Paradoxalement, ni Javier Milei, ni sa sœur et bras droit, Karina Milei, ni la vice-présidente, Victoria Villarruel, n’ont d’enfants.
L’extrémiste argentin Milei : contre l’État et l’avortement, pour la légalisation des drogues
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