Luisa González est la principale figure de l’opposition équatorienne. Candidate de gauche aux élections présidentielles de 2023 et 2025, celle qui était la rivale du président Noboa a été arrêtée le 22 octobre à Canuto, dans l’ouest du pays, par des policiers armés, vêtus de noir et cagoulés. Elle est soupçonnée de blanchiment d’argent dans le cadre de l’affaire Laberinto, qui porte sur le financement présumé illicite de sa campagne présidentielle de 2023, rapporte le média Primicias.
Selon le parquet, environ 500 000 dollars, dont l’origine reste à établir, auraient servi à financer des publicités électorales entre mai et août 2023. L’enquête cherche également à déterminer si une entreprise pétrolière liée à Aquiles Álvarez, l’ancien maire de Guayaquil, a contribué au financement de la campagne sans déclarer ces dépenses aux autorités électorales. Sept personnes sont visées par l’enquête ; trois avaient déjà été arrêtées auparavant.
“Ils veulent l’enterrer vivante”
“Aujourd’hui, c’est mon tour d’être arrêtée sur la base d’une accusation absurde”, a dénoncé González dans une lettre publiée sur son compte X, alors que ses partisans se rassemblent devant le parquet pour protester contre son arrestation.
“Ils veulent l’enterrer vivante”, a réagi sur Radio Pichincha l’ancien président socialiste, Rafael Correa, dont González est une proche alliée au sein du Movimiento Revolución Ciudadana (le mouvement de la Révolution citoyenne). Le parti dénonce une persécution politique orchestrée par le président Daniel Noboa, élu en 2023 et réélu en 2025 avec la promesse de lutter contre les gangs qui gangrènent le pays. En mars 2026, le Tribunal contentieux électoral (TCE) a suspendu le parti pour neuf mois, l’empêchant de participer aux élections municipales prévues le 29 novembre.
Plusieurs responsables de Revolución Ciudadana font, eux aussi, l’objet de procédures judiciaires. Condamné pour corruption, Correa vit en exil en Belgique. Aquiles Álvarez, l’ex-maire de Guayaquil, est soupçonné entre autres de commercialisation illégale de carburants et de blanchiment d’argent. Il est détenu dans une prison de haute sécurité, où se trouve également Jorge Glas, ancien vice-président de Correa.
Réélu en 2025 avec près de 56 % des voix contre les 44 % de González, le président ultralibéral, Daniel Noboa, est régulièrement accusé de dérive autoritaire et d’instrumentaliser la justice contre ses rivaux. Le pays andin de 18 millions d’habitants a également vécu une bonne partie de ses mandats sous couvre-feu, sans parvenir à faire baisser le taux d’homicides, qui a atteint 50,9 pour 100 000 habitants en 2025, un niveau comparable à celui de pays en guerre.
Sous Noboa, l’Équateur a rejoint le “Bouclier des Amériques”, une alliance de 19 pays conservateurs engagés dans la lutte contre le “narcoterrorisme” sous l’égide des États-Unis de Donald Trump.
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