La voix d’Hervé Yamguen révèle douceur et sérénité. L’artiste camerounais disserte tranquillement de ses dernières œuvres – très majoritairement des êtres peints ou sculptés – présentées à la galerie Afikaris, à Paris, lors de l’exposition « Nos géographies intimes ». Un titre pour signifier qu’un « visage est pétri de plusieurs histoires qui se révèlent dès que l’humain s’exprime. Car les lieux et les êtres rencontrés nous constituent », souligne-t-il.
Appartenant à la communauté bamileke de l’ouest du Cameroun, Hervé Yamguen est né le 17 juin 1971 dans le quartier cosmopolite de New Bell, à Douala, la capitale économique et le principal centre d’affaires du pays. Mais les racines de l’artiste se situent dans le village de Balassie, rattaché à la commune de Bandja. Il fait d’ailleurs partie du conseil des neuf notables de la commune, qui participe à la gestion et à l’organisation du développement de la communauté : « Nous sommes les gardiens de nos traditions et mon rôle est de dynamiser la culture. »
Florian Azzopardi, le fondateur et directeur de la galerie, a connu l’artiste en 2018, lors d’un voyage au Cameroun : « Je me souviens encore de cette sensation d’entrer dans un lieu hors du temps [l’atelier de l’artiste], peuplé de masques traditionnels et d’objets chargés d’histoire, où chaque geste d’Hervé semblait relever d’un rituel plus que d’une simple pratique artistique. » Il faudra attendre 2024 pour qu’il puisse montrer ses œuvres dans la galerie, lors de son exposition « Les Mondes de l’oiseau-conteur ».
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