Le Parlement brésilien a adopté, mercredi 14 octobre, la réduction du temps de travail par le biais d’une réforme constitutionnelle sur laquelle le président de gauche, Lula, mise pour combler son retard sur le sénateur conservateur, Flavio Bolsonaro, en vue du second tour de la présidentielle le 25 octobre.
Cette réforme, défendue par le gouvernement de Luiz Inacio Lula da Silva depuis des mois, permet à de nombreux Brésiliens de bénéficier de deux jours de repos hebdomadaires, contre un seul actuellement, et réduit de quarante-quatre à quarante heures le nombre d’heures de travail par semaine.
La réduction du temps de travail était un des principaux mots d’ordre de grandes manifestations pro-Lula dans des métropoles brésiliennes ces derniers jours.
Après le vote, un groupe de sénateurs a entonné des chants pro-Lula. La réforme a été approuvée à 75 voix contre une au Sénat, après avoir été validée par la Chambre des députés en mai.
« Opportunisme »
Flavio Bolsonaro, qui avait qualifié le texte d’« opportuniste », a finalement voté pour son adoption. Lula n’avait pas manqué de critiquer le positionnement de son rival. « Nos adversaires ont décidé hier qu’ils allaient voter pour, mais il faut rester sur nos gardes, ils votent par opportunisme électoral », a affirmé le président de 80 ans dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux.
Au premier tour, le 4 octobre, il s’est retrouvé en ballottage défavorable avec 45 % des suffrages, contre 47 % pour le fils de son prédécesseur d’extrême droite Jair Bolsonaro. Les responsables de sa campagne estiment que la réduction du temps de travail pourrait leur donner un nouvel élan en vue du second tour.
Actuellement, un grand nombre de Brésiliens travaillent six jours par semaine, suivant le système connu sous le nom de « 6x1 ». La réforme doit être mise en place de façon progressive au cours des quatorze prochains mois.
Durant la campagne, Flavio Bolsonaro a proposé un plan de réduction des dépenses publiques inspiré des politiques du président ultralibéral argentin Javier Milei.
Le bloc conservateur au Parlement défendait une proposition alternative permettant à chaque employé de négocier avec son patron son nombre d’heures de travail par semaine.
Mais le candidat conservateur Flavio Bolsonaro a finalement changé d’avis. « Je parcours le Brésil, la majorité des travailleurs brésiliens veulent la fin du 6x1, donc je vais voter pour », a déclaré le sénateur mardi.