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Au Brésil, les évangéliques s’agacent de la politisation de leur culte : « C’est désolant que la religion soit utilisée par l’extrême droite »
Par Anne-Dominique Correa (Rio de Janeiro, correspondante) et Ian Cheibub (Photographe)ReportageSi 69 % des évangéliques déclarent voter pour Flavio Bolsonaro, contre 25 % pour le président de gauche, Luiz Inacio Lula da Silva, une majorité de fidèles n’acceptent pas que des sujets politiques soient abordés lors des cultes ou des événements religieux en période de campagne électorale.
Une dizaine de fidèles sont réunis en cercle dans une modeste salle de coworking baignée de lumière blanche, en périphérie de Rio de Janeiro, le dimanche 27 septembre au matin. Autour d’un grand thermos de café et de quelques biscuits au chocolat, ils échangent de manière décontractée sur un extrait de l’Evangile. Micro à la main et croix autour du cou, le pasteur Vladimir de Oliveira Souza, 55 ans, les invite à partager leurs réflexions sur le texte, sans filtre. « Ici, les personnes ne viennent pas seulement pour écouter, mais pour parler ! », explique cet homme jovial et chaleureux.
Depuis 2014, les cultes du groupe évangélique Redençao Baixada (« Rédemption Baixada ») offrent un refuge aux fidèles lassés de voir les temples, qui se sont multipliés au Brésil à partir des années 1990, mis au service de l’extrême droite. A l’image de son père, l’ancien président Jair Bolsonaro (2019-2023), le candidat Flavio Bolsonaro, en tête de la course présidentielle dont le second tour se tient le 25 octobre, compte sur le soutien de pasteurs influents pour préserver son ancrage parmi les évangéliques, qui représentent 29 % de la population, selon une étude publiée le 23 septembre par l’Institut des études de religion (ISER) et l’institut de sondage Quaest.
Mais si 69 % des évangéliques déclarent voter pour Flavio Bolsonaro, contre 25 % pour le président de gauche, Luiz Inacio Lula da Silva, d’après un sondage publié par l’institut Datafolha le 8 octobre, nombre de fidèles ne supportent plus la politisation de leur foi. « Beaucoup de personnes ont quitté leurs églises [lors des élections présidentielles] en 2018 et en 2022, principalement des femmes, parce qu’elles ont vu que la politique y provoque des divisions », note Livia Reis, anthropologue spécialiste des questions religieuses à l’ISER. D’après l’étude conjointe entre l’ISER et l’institut Quaest, 81 % des évangéliques s’opposent à ce que des sujets politiques soient abordés lors des cultes ou des événements religieux en période de campagne électorale.
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