Les places à l’ombre sont chères en cette chaude matinée du samedi 24 octobre, le long de la plage de Copacabana, à Rio de Janeiro. Ils sont plusieurs dizaines de milliers de soutiens du président sortant de gauche, Luiz Inacio Lula da Silva, à être venus une dernière fois donner un peu de force à leur champion, qui se présentera au second tour de l’élection présidentielle brésilienne, le lendemain, contre le candidat d’extrême droite Flavio Bolsonaro. « Il faut que nous nous montrions dans la rue, pour lutter pour ce qui est à nous ! », s’enthousiasme Wallace Souza, particulièrement préoccupé par les coupes budgétaires promises par le fils de l’ancien président Jair Bolsonaro (2019-2023).
L’ex-syndicaliste a bien besoin de ces soutiens : jamais, depuis le retour de la démocratie au Brésil en 1985, un candidat arrivé comme lui en deuxième position au premier tour n’a réussi à retourner le scrutin à son avantage. L’impressionnante mobilisation autour de sa candidature, dans l’entre-deux-tours, a de quoi lui redonner un peu d’espoir. Dans la plupart des grandes villes brésiliennes, la gauche a réussi à convoquer des manifestations d’une ampleur qui n’avait pas été vue depuis plus d’une dizaine d’années. Mais la plupart des sondages, publiés à une douzaine d’heures de l’ouverture des bureaux de vote, donnent Flavio Bolsonaro avec une légère avance.
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