« Soit on enlève la tumeur, soit la tumeur nous tuera. » A neuf jours de briguer sa réélection face au candidat d’extrême droite Flavio Bolsonaro, le 25 septembre, le président Luiz Inacio Lula da Silva a signé une mesure provisoire pour interdire les paris sportifs, sources d’addiction et d’endettement record des familles.
« J’ai décidé de prendre une mesure difficile, drastique et nécessaire », a expliqué le chef de l’Etat brésilien lors d’un événement à Sao Paulo. L’interdiction est entrée en vigueur immédiatement, mais devra être approuvée dans un délai de cent vingt jours par la Chambre des députés pour continuer à s’appliquer.
Depuis leur arrivée au Brésil, en 2018, les paris en ligne ont explosé dans le pays. Les publicités promettant des gains ont envahi les retransmissions de matchs de football, ainsi que les réseaux sociaux. Faute de régulation, « parlementaires, clubs de football et influenceurs se sont organisés pour promouvoir avec des stratégies marketing un discours profondément trompeur qui présente les paris comme un investissement », explique Carla Beni, économiste à la Fondation Getulio Vargas. D’après un sondage de l’institut Genial/Quaest publié le 17 avril, 29 % des Brésiliens parient en ligne. Chaque mois, ils dépensent près de 30 milliards de reais (5 milliards d’euros) dans cette activité, d’après les données de la Banque centrale, en 2025.
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