Le président brésilien de gauche Luiz Inacio Lula da Silva a interdit, vendredi 25 septembre, les paris sportifs en ligne dans le pays, à quelques jours de briguer sa réélection face au candidat conservateur Flavio Bolsonaro. Des sondages récents ont montré un fort rejet des électeurs envers les plateformes connues au Brésil sous le nom de « bets » (de l’anglais « bet », qui signifie pari), un phénomène que Lula a qualifié de « maladie » et de source d’endettement massif pour les familles.
« Dès aujourd’hui, il n’est plus possible de miser de l’argent sur les sites de paris dans le pays », a affirmé le ministre de l’économie, Dario Durigan, lors d’une cérémonie dans la capitale économique, Sao Paulo, en présence de Lula. Certains des plus grands clubs avaient par avance dénoncé une telle interdiction, affirmant que le sponsoring des entreprises de paris est essentiel pour leurs finances.
Dans ce pays fou de foot, 13 des 20 clubs de première division ont des sites de paris comme sponsor principal sur leur maillot. Les stars Neymar et Vinicius Junior sont les visages les plus connus au Brésil de la publicité pour les « bets ».
Huit familles brésiliennes sur dix endettées, selon un rapport
A l’approche du premier tour de la présidentielle, le 4 octobre, Lula, âgé de 80 ans, est au coude à coude dans les sondages avec le sénateur Flavio Bolsonaro, 45 ans, fils de l’ancien président d’extrême droite Jair Bolsonaro.
L’interdiction prend effet immédiatement, mais elle doit encore être approuvée par le Parlement pour devenir une loi à titre définitif. Huit familles brésiliennes sur dix font face à une forme d’endettement, selon des données publiées en août par la Confédération nationale du commerce.
Les paris ont absorbé 62,5 milliards de reais (plus de 10 milliards d’euros) des revenus des ménages en 2025, d’après une étude conjointe des Etats brésiliens. Lula a durci le ton contre les plateformes rendant possible ces paris dans la dernière ligne droite de la campagne, estimant qu’il s’agit une question de santé publique. « L’industrie multimillionnaire des “bets” transforme le vice en profit. Sa diffusion vertigineuse est en train d’endetter et de détruire des foyers », a-t-il déclaré, mardi, à l’Assemblée générale de l’ONU, à New York.