Difficile de se frayer un chemin dans la marée rouge de manifestants, réunis ce lundi 12 octobre sur l’Avenida Atlantica, immense artère longeant la mythique plage de Copacabana, à Rio de Janeiro. « Il y a autant de monde que pour le concert de Lady Gaga [en 2025] ! », s’enflamme Denise Moura, institutrice de 48 ans.
Sao Paulo, Brasilia, Curitiba… Ces derniers jours, les villes brésiliennes connaissent une vague de mobilisations de soutien au président de gauche, Luiz Inacio Lula da Silva, du Parti des travailleurs (PT), arrivé deuxième à l’issue du premier tour de l’élection présidentielle du 4 octobre, avec 45,16 % des voix. Il affrontera le 25 octobre, au second tour, son rival d’extrême droite, Flavio Bolsonaro (Parti libéral, PL), arrivé premier avec 47,03 % des voix. Pour la journée du 11 octobre seulement, le site d’information en ligne Poder360 recensait des rassemblements dans plus de 70 villes du pays.
« Ces rassemblements sont véritablement impressionnants. Moi-même, je ne sais pas depuis combien d’années la gauche n’avait pas réussi à mettre autant de monde dans la rue », s’étonne Christian Lynch, professeur de sciences politiques à l’Université de l’Etat de Rio de Janeiro. Dans la foule, on se laisse aller à croire à une revirada (« renversement ») en faveur du PT : « Regardez les sondages, les courbes sont en train de se croiser ! », assure Zeca Pais, 65 ans, autocollant à l’effigie de l’ancien syndicaliste sur le torse.
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