« Ils veulent prendre le fleuve et aussi la plage, ils veulent les terres rares… Ne renonce pas à ton drapeau ! » Dans une vidéo diffusée le 23 septembre sur l’air d’un tube du chanteur portoricain Bad Bunny, le président de gauche Luiz Inacio Lula da Silva, 80 ans, candidat à un quatrième mandat, a mis en garde contre les conséquences géopolitiques d’une victoire de son adversaire d’extrême droite Flavio Bolsonaro, 45 ans, fils aîné de l’ancien président Jair Bolsonaro (2019-2023), lors de l’élection présidentielle au Brésil, dimanche 4 octobre.
Le plus grand pays d’Amérique latine, l’un des derniers bastions progressistes de la région avec le Mexique, basculerait alors sous l’influence des Etats-Unis de Donald Trump. « Le Brésil n’est l’arrière-cour de personne », a martelé Lula lors d’une intervention aux Nations unies à New York, le 22 septembre, alertant sur le risque d’une ingérence étrangère lors de l’élection. Jeudi 1er octobre, Donald Trump a confié à la presse américaine qu’il suivait le scrutin « de très près ».
Malgré la dimension géopolitique inédite de la présidentielle, son issue, davantage définie par des questions intérieures, reste très incertaine. Tout au long de la campagne, Lula et Flavio Bolsonaro sont restés dans un mouchoir de poche dans les sondages. D’après les dernières estimations de l’institut Datafolha publiées jeudi, le président sortant devance légèrement son rival au premier tour, avec 42 % des intentions de vote contre 38 %. Un écart ténu qui laisse entrevoir un second tour, prévu le 25 octobre. Eclipsés par ce duel, les 11 autres candidats n’ont pas décollé.
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