Au Burkina Faso, Ibrahim Traoré entend rester le seul chef. Mois après mois, le capitaine au béret rouge élimine tous ceux qui pourraient lui faire de l’ombre. « Il n’y a ni numéro un, ni numéro deux. Il n’y a pas deux capitaines dans un bateau. (…) Et si quelqu’un merde, je vais le mater sans état d’âme », a menacé le « camarade président », qui a instauré une « révolution progressiste et populaire » et dirige d’une main de fer son pays depuis qu’il a pris le pouvoir par un putsch, en octobre 2022.
Cette fois-ci, c’est l’un de ses anciens compagnons qui a été victime de cette purge : le capitaine Oumarou Yabré, jusque-là considéré comme le second personnage de la junte au pouvoir à Ouagadougou.
A la tête de l’Agence nationale de renseignement (ANR), les services de renseignement burkinabés, et du Conseil national de sécurité d’Etat, cet officier faisait jusqu’à récemment figure de rouage essentiel du système sécuritaire mis en place par Ibrahim Traoré. Après des mois de tensions, dans un climat de paranoïa permanent, il a progressivement été « débranché » par son patron, affirme une source sécuritaire qui le connaît bien. « Il n’a plus la main sur l’agence », laquelle voit son champ d’action rogné par la Direction de la sûreté de l’Etat, une autre structure de renseignement acquise à la présidence, ajoute une autre source.
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