Grand amateur de football, dont il affiche parfois ses parties sur ses réseaux sociaux, le capitaine Ibrahim Traoré, le chef de la junte au pouvoir au Burkina Faso, n’a pas digéré la déroute de la sélection nationale face à l’Argentine (0-7) en match amical à Buenos Aires, le 3 octobre. Une défaite concédée après une série de couacs qui a poussé « IB », comme le surnomment ses compatriotes, à étendre sa « révolution » au ballon rond.
Lundi 12 octobre, le capitaine Traoré, qui dirige d’une main de fer son pays depuis son coup d’Etat, en 2022, a solennellement présenté aux gouverneurs des dix-sept régions et aux responsables sportifs burkinabés une opération baptisée « thérapie de choc pour un grand corps malade », avec comme axe principal la création d’une « ligue de la souveraineté ».
Depuis son arrivée au pouvoir, Ibrahim Traoré mène, à l’instar de ses alliés malien et nigérien, avec lesquels il forme l’Alliance des Etats du Sahel (AES), une politique souverainiste. Réprimant sévèrement toute voix contestataire, il a proclamé, l’année dernière, l’instauration d’une « révolution progressiste et populaire » dont il s’est désigné « camarade président ». Aucune limite de son mandat, pas plus que la perspective d’élections, n’ont en revanche été annoncées.
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