« En grève depuis 1 672 jours ». La petite pancarte est posée sur un muret au pied de l’immense et clinquant NagaWorld, le plus grand complexe hôtel casino du Cambodge et l’unique casino autorisé à opérer dans la capitale, Phnom Penh. A leur descente d’un van aux vitres teintées, quelques clients lancent des regards étonnés vers un groupe de femmes qui, au son des tambours, brandissent des banderoles et entonnent des chants de protestation.
En cette matinée de mi-juillet, elles sont une cinquantaine, toutes anciennes employées de NagaWorld, rassemblées devant le casino pour continuer de faire vivre un combat engagé près de cinq ans plus tôt, après des licenciements qu’elles jugent abusifs. C’est le conflit social le plus long de l’histoire du Cambodge.
« Si une entreprise aussi puissante que NagaWorld peut bafouer le droit du travail et nos droits syndicaux, d’autres employeurs pourraient faire de même. Nous continuons à nous battre, pas seulement pour nous, mais pour les travailleurs du Cambodge et les générations futures », défend Chem Rotha, 28 ans, militante du Labor Rights Supported Union of Khmer Employees of NagaWorld (LRSU), le syndicat au cœur de cette mobilisation.
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