Une voix de résistance parmi les puissances moyennes. Il y a quelques mois, le premier ministre canadien, le libéral Mark Carney, se posait en rempart face à l’impérialisme américain. Son discours remarqué au Forum de Davos, en janvier, l’avait propulsé sur la scène internationale en héraut d’un Canada souverain, résolu à ne pas laisser son voisin du sud lui dicter sa conduite. « Lorsque les règles ne vous protègent plus, vous devez vous protéger vous-même », lançait-il alors comme un avertissement aux autres pays.
Depuis, l’élan combatif du chef de gouvernement semble s’être essoufflé. Ses diatribes contre Washington se sont raréfiées, son ton s’est adouci. Mark Carney cherche moins à afficher son opposition à la Maison Blanche qu’à désamorcer les tensions pour éviter de braquer Donald Trump. Son gouvernement défend une certaine forme de pragmatisme. Ses détracteurs y voient surtout un échec stratégique. Pour preuve, l’entrée en vigueur, le 19 août, de nouveaux droits de douane de 50 % sur une série de produits canadiens, malgré les efforts déployés par Ottawa pour les éviter. Pire encore, celui qui avait fait de la résistance à Donald Trump l’un des marqueurs de son arrivée au pouvoir en mars 2025 est désormais accusé de multiplier les concessions à Washington.
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