« Fred Divin Bikouta, 15 ans, élève. Date et lieu d’arrestation : le 9 mai 2026 à 1 heure du matin lors d’une veillée mortuaire au quartier Sangolo [un quartier de Brazzaville, la capitale de la République du Congo]. Motif : inconnu. Depuis, ses parents n’ont aucune nouvelle. » Des notices comme celle-ci, l’Observatoire congolais des droits de l’homme (OCDH) en a rédigé 561, comme autant de cas de disparitions forcées de jeunes qu’elle est parvenue à recenser.
Dans un document de 187 pages, l’ONG détaille les dérives de l’opération « Zéro kuluna » – comme sont surnommés les jeunes impliqués dans des activités de grand banditisme – entre septembre 2025 et 2026, menée dans les quatre principales villes du pays d’Afrique centrale, à savoir Brazzaville, Pointe-Noire, Bambou, Dolisie et Nkayi.
Lancée en septembre 2025 par le président, Denis Sassou Nguesso, au pouvoir depuis 1997, cette opération est pilotée par la puissante Direction générale de la sécurité présidentielle (DGSP). Sa mission initiale consiste à assurer la protection du chef de l’Etat et de son entourage. Mais face à l’expansion, ces dernières années, d’une délinquance urbaine de plus en plus structurée, marquée notamment par la formation de gangs, le gouvernement a élargi ses attributions.
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