La première ministre japonaise, Sanae Takaichi, s’est engagée, lundi 5 octobre, à construire une relation stable avec la Chine, un « voisin important », dans un discours de politique générale devant le Parlement.
« La Chine est un voisin important et, malgré les difficultés, nous avons construit au fil des années une relation de longue date », a-t-elle déclaré. « Nous œuvrerons à assurer la communication sur les défis communs, à promouvoir le dialogue pour protéger nos intérêts nationaux et à bâtir une relation constructive et stable. » Mais elle a ajouté que le Japon « affirmerait fermement les positions de [son] pays » et « demanderait avec insistance un comportement responsable » de la part de son voisin.
Les relations diplomatiques entre les deux géants économiques asiatiques sont au plus bas depuis que Mme Takaichi a suggéré en novembre que Tokyo pourrait intervenir en cas d’attaque contre l’île de Taïwan, que Pékin revendique comme faisant partie de son territoire.
Ce discours de politique générale intervient après que le plus haut diplomate chinois a déclaré la semaine dernière que les liens avec Tokyo « attendaient d’être à nouveau normalisés », lors d’une rencontre avec un ancien ministre des affaires étrangères japonais qui dirigeait une délégation commerciale à Pékin. L’an dernier, la Chine avait suggéré à ses citoyens de ne pas voyager au Japon et imposé des restrictions commerciales, avec notamment pour conséquences de fortes baisses des livraisons de minerais de terres rares, essentiels aux entreprises japonaises.
Déclin démographique
Même si elle bénéficie d’opinions largement favorables un an après son arrivée au pouvoir, la première ministre doit affronter de nombreux défis, notamment la hausse de l’inflation ainsi que les inquiétudes des marchés concernant l’augmentation de la dette japonaise.
Quant à la question du déclin démographique, la cheffe du gouvernement l’a qualifiée de « crise nationale qui progresse silencieusement » et a promis de formuler une stratégie globale d’ici la fin de l’année. Le nombre de Japonais résidant dans l’archipel est passé sous les 120 millions pour la première fois depuis 42 ans, selon des données gouvernementales publiées en juillet, et le pays connaît un inquiétant vieillissement de sa population.
Lors de son discours, Mme Takaichi a également réaffirmé son engagement en faveur d’une politique budgétaire proactive et responsable, après que son programme de dépenses publiques massives a ébranlé les marchés.
Cette allocution a donné le coup d’envoi d’une session parlementaire qui se poursuivra jusqu’en décembre et examinera plusieurs projets de loi, dont certains visant à réduire à partir d’avril et pendant deux ans la taxe sur la consommation applicable aux produits alimentaires afin d’atténuer l’impact de l’inflation sur la vie quotidienne des électeurs.
Le discours de la cheffe du gouvernement comprenait également une promesse de soutenir la Cour pénale internationale, après que les Etats-Unis ont imposé en août des sanctions à la présidente japonaise du tribunal, Tomoko Akane, ont rapporté les médias.