Au Japon, la bière est une affaire sérieuse. Dans une izakaya, après les heures de bureau, la première commande du travailleur nippon est une namabiru, une bière pression bien fraîche. Idem au retour à la maison, où les réfrigérateurs ont toujours leur stock de canettes. C’est peu dire que les révélations, mercredi 7 octobre, d’une entente illégale des quatre géants du secteur, Asahi, Kirin, Sapporo et Suntory, pour en fixer les prix, ont fait l’effet d’une bombe. La Commission japonaise de la concurrence (JFTC) a mené des perquisitions dans les bureaux des quatre entreprises. Dans son éditorial de vendredi, le quotidien conservateur Yomiuri Shimbun n’hésite pas à parler d’une « trahison des consommateurs ».
La consommation de bière est certes une pratique relativement récente au Japon. La première brasserie destinée au marché japonais a été fondée en 1870 à Yokohama, au sud de Tokyo, par l’Américano-Norvégien William Copeland (1834-1902). Reprise par des Japonais, elle a commencé à produire de la bière sous la marque Kirin en 1888.
Mais aujourd’hui, malgré un relatif déclin, le Japon est le 11e marché mondial de la bière, avec 33,7 litres consommés chaque année per capita. Les quatre géants contrôlent plus de 90 % d’un secteur par ailleurs connu pour la multiplicité de ses brasseurs artisanaux. Selon l’Agence nationale des impôts, les ventes nationales de bière, de happoshu (à faible teneur en malt) et de shinjanru (« nouveau genre », bière réalisée sans malt) ont atteint 1 655 milliards de yens (9,3 milliards d’euros) en 2024.
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