LETTRE DE TOKYO
Longtemps, le Japon a été une exception mondiale en matière de presse écrite. La distribution à domicile des éditions du matin et du soir encourageait des millions de lecteurs à être fidèles à leur quotidien. Ce service a contribué à retarder le déclin de la presse écrite, mais les éditeurs ont senti les vents tourner et ont développé rapidement sites numériques et abonnements en ligne. Mais l’on assiste aujourd’hui à un retour du goût pour le papier dans une floraison d’autopublications.
Les vingt dernières années ont été marquées par une forte érosion de la presse écrite : entre 2000 et juin 2026, les principaux quotidiens nationaux ont enregistré des pertes importantes de leur lectorat : Yomiuri passait de 10 millions d’exemplaires à 5 millions (− 51 %), Asahi de 8,3 millions à 3,3 millions (− 63 %), Mainichi de 2,9 millions à 1,40 million (− 73 %), Nikkei de 3 millions à 1,35 (− 61 %) et Sankei de près de 2 millions à 740 000 (− 72 %). Nous sommes loin des records de la fin des années 1990 lorsque la diffusion des journaux sur papier dépassait les 50 millions d’exemplaires. Le Japon n’en reste pas moins parmi les premiers pays du monde en matière de tirage papier.
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