Au Japon, de nombreux enfants sont victimes de violences sexuelles à l’école et un nombre non négligeable d’enseignants figurent parmi les agresseurs. D’après les statistiques officielles, 281 personnes ont fait l’objet de sanctions rien que pour l’année 2024.
Afin de lutter contre ce fléau, le gouvernement japonais avait fait voter la loi pour la prévention des violences sexuelles faites aux enfants en juin 2024. Inspirée du modèle britannique en la matière, son idée principale est de rendre obligatoire la vérification des antécédents judiciaires des professionnels du secteur. Elle prévoit aussi des campagnes de formation et de prévention ainsi que la création d’un service d’écoute. “Un premier pas important” pour lutter contre les violences sexuelles faites aux enfants, saluait à l’époque Yukiko Imai, spécialiste en psychologie du crime, citée par la chaîne publique NHK.
Devant l’ampleur du chantier, les autorités japonaises ont voulu laisser aux institutions concernées le temps de mener leurs préparatifs à bien. Ainsi, la loi entrera enfin en vigueur ce 25 décembre, deux ans et demi après avoir été votée, rapporte Asahi Shimbun. Le quotidien s’est rendu à une séance d’information organisée en septembre par l’Agence pour les enfants et les familles. Il constate que les modalités du nouveau dispositif font l’objet de nombreuses interrogations. “Faut-il regarder le casier judiciaire de notre entraîneur de natation, qui, lui, appartient à un club extérieur ?” se demande par exemple un homme qui gère une crèche. Il reviendra effectivement à son établissement d’effectuer des démarches, “car même les personnes employées pour une courte mission ou les bénévoles font l’objet” de vérifications, rappelle le journal.
Une caméra de surveillance dans la salle de classe
La loi pâtit pourtant d’un angle mort : elle ne s’applique pas systématiquement aux jukus, ces établissements privés fréquentés par la majorité des enfants du pays et qui les préparent aux concours d’entrée de tous les niveaux (collège, lycée et université). Afin de combler ce vide, l’Association nationale des jukus, qui regroupe 400 entreprises, a décidé d’instaurer un système de certificat spécial, relate de son côté le journal Yomiuri Shimbun. Pour être certifié, il faut remplir certains critères, comme l’installation d’une caméra de surveillance dans chaque salle de classe et la mise en place de formations à destination des employés.
En 2024, un ancien professeur ayant exercé dans l’un de ces établissements privés avait été condamné à deux ans de prison avec sursis pour avoir filmé ses élèves de 7 à 11 ans à leur insu. Cette affaire, révélée en août 2023, avait conduit à une prise de conscience générale de l’opinion publique sur les risques de violences sexuelles à l’école et dans les jukus. Pour avoir ce certificat, les établissements peuvent envoyer leur dossier à partir du 16 novembre. “Il faut montrer aux parents qu’on se mobilise pour la sécurité des enfants”, déclare au journal Daizaku Ando, président de l’association.
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