“C’est une véritable catastrophe sur le plan financier. Je ne sais pas comment je vais faire pour m’en relever.” Piétinant les débris de sa vitrine explosée, dimanche 18 octobre, Nathan Mimoun raconte au Wall Street Journal les événements de la veille. Lorsqu’il est arrivé en fin de journée dans sa boutique d’électronique, non loin de la place de la République, à Paris, environ 70 000 euros de marchandises avaient été dérobés, estime-t-il. Et pendant qu’il tentait de réparer le rideau métallique de sécurité, des pillards continuaient d’entrer.
Plus loin, devant les étagères entièrement vidées d’un magasin d’équipements pour motards, Hervé Denis, un commerçant ami du propriétaire, constate : “Ils ont tout pris !” Selon lui, “ce n’étaient pas des lycéens, mais des pilleurs venus des cités et des banlieues”.
Au journaliste de Business Insider qui arpente les rues de Paris en quête de témoignages, une commerçante raconte qu’elle a été obligée de fermer sa boutique plus tôt que d’habitude. “J’ai reçu un coup de fil, c’était un voisin, qui travaille dans le restaurant à côté. Il avait filmé un groupe de jeunes”, dit-elle, avant d’ajouter qu’ils avaient forcé la porte et “tout fracassé”. “Ils ont volé des choses. Quand je suis revenue sur place, ils avaient tout pris”, se désole-t-elle.
“Les violences ne se sont pas cantonnées aux quartiers aisés”
Au lendemain des émeutes qui ont phagocyté les manifestations du 17 octobre, de nombreux journalistes se sont rendus sur place pour voir de leurs propres yeux ce qu’ils avaient déjà vu en boucle sur les réseaux sociaux. Ils relatent les scènes de désolation qu’offrent la capitale mais aussi d’autres villes – Marseille, Lyon, Bordeaux, Nice ou encore Limoges, avec son hôtel de ville en grande partie détruit par les flammes.
Car contrairement aux émeutes qu’a connues la France à l’époque du mouvement des “gilets jaunes”, en 2018, “les violences ne se sont pas cantonnées aux quartiers aisés et aux enseignes de luxe, constate India Today. Des dizaines de commerces, dont des supermarchés, des pharmacies, des magasins de vêtements et des boutiques d’électronique, ont été pillés dans les grandes villes françaises.”
Pour le quotidien argentin Clarín :
“L’image d’un buste de Marianne, symbole de la République française, jeté à terre dans la mairie de Marseille, illustre bien l’état d’esprit des pillards.”
Dans le quartier de République, Nathan Rennolds, de Business Insider, découvrait dimanche la devanture béante d’un magasin Nicolas et ses deux vitrines fracassées laissant apparaître des étagères entièrement vidées. “Des caisses de champagne vides et des débris de verre jonchent le sol”, décrit-il.
“Dimanche, de nombreux manifestants étaient abasourdis de voir comment les émeutiers avaient profité de cette mobilisation comme d’un écran de fumée pour se livrer à des violences”, écrit The New York Times. Devant les magasins dévastés du boulevard Magenta, qui se trouve souvent sur le parcours des manifestations et où elle vit depuis vingt-deux ans, Sophie Vanpoperinghe, 47 ans, déplore : “Je n’ai jamais vu ça, je suis écœurée.”
Scènes de “chaos” en France : les manifestations contre la vie chère “dégénèrent en émeutes et en pillages”
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