Dans les ruelles de la médina de Rabat, où les commerçants remballent leurs marchandises, un groupe d’une cinquantaine de personnes s’agite, jeudi 17 septembre à la tombée du jour. Casquettes bleues et chasubles à l’effigie d’une colombe, symbole du Rassemblement national des indépendants (RNI), le parti du premier ministre sortant, Aziz Akhannouch, la troupe, précédée par le hautbois d’une fanfare locale, se faufile d’une venelle à l’autre, brandissant une pancarte où figurent les candidats du RNI à la députation.
Les personnalités sur l’affiche sont absentes, mais ça n’a pas d’importance pour Mohammed (la plupart des interlocuteurs n’ont pas souhaité préciser leur nom). Le jeune homme ne sait rien d’elles, pas plus qu’il ne connaît le nom du parti pour lequel il a enfilé une chasuble. « On m’a demandé de filmer la scène avec mon portable », explique-t-il. A ses côtés, Othman, un père de famille, n’est pas plus informé : « Le parti qu’on défend ? C’est le parti de la médina », répond-il d’une pirouette.
Dans la dernière ligne droite avant le vote du 23 septembre, qui assurera le renouvellement des 395 membres de la chambre des représentants (élus pour cinq ans), le Maroc vit une campagne pleine de faux-semblants, à l’instar de ces individus rémunérés pour animer artificiellement les défilés, remplir les salles des meetings ou assurer des tournées de tractage.
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