D’habitude, l’introduction en Bourse d’une entreprise n’est pas franchement synonyme de tendance et de viralité sur les réseaux sociaux. Une fièvre certaine a pourtant saisi le Nigeria depuis le 14 septembre, avec l’ouverture de la souscription à l’entrée sur la place financière de Lagos de la raffinerie du groupe Dangote à Lekki (dans la périphérie de la métropole nigériane), la plus grande d’Afrique et l’une des plus grandes au monde. Et cette frénésie s’est déclinée à l’envi, avec humour, dans de multiples vidéos et mèmes, dans lesquels des citoyens nigérians fanfaronnent sur leur nouveau statut d’actionnaire, se campant en partenaires d’affaires d’Aliko Dangote, homme le plus riche du continent devenu plus que jamais une célébrité.
« Chers [coactionnaires], en tant qu’investisseur de la raffinerie Dangote, je tiens à vous faire remonter un rapport concernant l’un de nos camions », surjoue ainsi sur les réseaux sociaux un jeune homme à lunettes, se mettant en scène devant un camion-citerne siglé de l’aigle bleu du groupe, arrêté en bord de route, sans chauffeur, toutes fenêtres ouvertes. « Dangote, il faut qu’on parle, assène-t-il, sourire en coin. Nous devons réunir notre conseil d’administration. » Un autre s’égosille, remontant une route passante : « J’ai acheté pour 52 500 nairas [environ 35 euros] dans Dangote ! Si vous voyez un camion Dangote qui dépasse les limites de vitesse, appelez-moi, je suis actionnaire. Dangote, maintenant, c’est mon collègue. »
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