La commission d’enquête chargée de faire la lumière sur la mort en détention d’une trentaine de jeunes orpailleurs illégaux présumés en septembre, au Nigeria, a conclu mardi que ces morts étaient dus à des conditions de détention « inhumaines ».
Parmi eux, une dizaine étaient mineurs. Ils ont été retrouvés morts en septembre à Minna, dans l’Etat de Niger (centre du pays), dans des locaux du Corps de sécurité et de défense civile du Nigeria, un groupe paramilitaire travaillant avec la police pour assurer la sécurité et protéger des infrastructures sensibles.
Des survivants avaient raconté à l’Agence France-Presse avoir été entassés dans des cellules mal ventilées, l’un d’eux faisant aussi état de l’usage d’un gaz par les gardiens. « Nous hurlions que des gens étaient en train de mourir », mais les gardiens « ne nous ont pas crus », avait témoigné un survivant qui avait requis l’anonymat.
« La commission a conclu que ces circonstances constituaient des traitements cruels, inhumains et dégradants », a déclaré le responsable de la commission, Jonathan Kure, mardi. « Cet incident constitue une tragédie évitable survenue en milieu carcéral, causée par une surpopulation extrême, des conditions de détention illégales et inadaptées ». Jonathan Kure a également pointé « le mépris d’alertes répétées signalant une situation de détresse, une surveillance insuffisante et des défaillances systémiques plus générales ».
Les premiers bilans officiels avaient fait état de trente-sept morts, mais le responsable de la commission d’enquête chargée d’établir les faits a mentionné mardi que les victimes étaient en réalité au nombre de trente-trois. Ces morts avaient déclenché de violentes manifestations dans les rues de Minna, capitale de l’Etat du Niger, riche en ressources minières, et les policiers avaient fait usage de leurs armes pour disperser les manifestants.