Un séisme de magnitude 7,7 a déclenché, vendredi 9 octobre, la panique dans la capitale du Panama et provoqué l’effondrement de bâtiments et de routes, principalement dans le centre du pays, les autorités faisant état d’au moins 27 blessés, selon le dernier bilan.
Des journalistes de l’Agence France-Presse (AFP) ont observé que plusieurs édifices se sont effondrés et qu’une cathédrale a été endommagée dans cette ville de la province de Coclé ainsi que dans le village de pêcheurs de Santa Catalina, dans la province de Veraguas.
Le tremblement de terre s’est produit à 12 h 56 heure locale (19 h 56 à Paris), avec un épicentre situé à 10 kilomètres de la petite ville de Pitaloza Arriba, dans la province de Herrera (centre sud), selon l’Institut d’études géologiques des Etats-Unis, l’USGS.
Le district de Tonosi, qui compte 9 000 habitants, est l’une des zones les plus touchées. Le ministre de la santé, Fernando Boyd Galindo, a affirmé que la localité était coupée du monde par voie terrestre.
Bâtiments, ponts et routes endommagés
Il n’y a pas eu « jusqu’à présent » de signalement « de personnes tuées » par le séisme, a déclaré à l’AFP le chef du Centre des opérations d’urgence, René Garcia.
Selon la protection civile, le séisme a fait 27 blessés légers dans tout le pays et a endommagé des habitations, des établissements scolaires, des hôpitaux, des églises, des bâtiments administratifs, des ponts et des routes.
C’était « de la folie », raconte Ariel Apolayo, enseignant de 46 ans. « Nous pensions que [le séisme] était léger, mais ensuite il s’est fait sentir plus fort, et encore plus fort. Les voitures tanguaient », a-t-il raconté.
Les autorités du canal de Panama ont annoncé que la voie reliant le Pacifique et l’Atlantique et par laquelle transite 5 % du commerce maritime mondial fonctionnait « normalement ». Des équipes spécialisées inspectent ses installations.
L’aéroport international de Tocumen, important hub en Amérique latine, a été temporairement fermé, et plusieurs vols détournés vers d’autres terminaux aériens, à titre préventif, selon l’aéronautique civile.
Secousse ressentie au Costa Rica
Le président panaméen, José Raul Mulino, s’est rendu à Penonomé en fin d’après-midi. « Nous faisons face à un grand désastre », a-t-il déclaré, en évoquant des routes « totalement effondrées » dans les zones les plus touchées. Le ministère de l’éducation a décrété la suspension des cours.
Le tremblement de terre, ressenti pendant environ une minute dans le pays de 4,5 millions d’habitants, a été puissant également dans la capitale, Panama, peu habituée aux secousses, où des milliers de personnes apeurées ont quitté les immeubles, a constaté l’AFP. Plus d’une centaine de répliques se sont produites après la secousse principale, qui a également été ressentie au Costa Rica, pays voisin.
Les présidents de la Colombie (Abelardo de la Espriella), de l’Equateur (Daniel Noboa) et du Guatemala (Bernardo Arevalo) ont exprimé leur solidarité avec le Panama et se sont dits prêts à envoyer de l’aide si nécessaire. Le secrétaire d’Etat américain, Marco Rubio, a affirmé sur le réseau social X que les Etats-Unis se tenaient « aux côtés du peuple panaméen » et annoncé mobiliser, à la demande du Panama, « des ressources et du personnel ».
Ce séisme survient après plusieurs tremblements de terre dévastateurs en Amérique latine ces derniers mois, au Venezuela en juin et dans l’ouest de la Colombie en août.