Le ton est monté, jeudi 22 octobre au Parlement marocain. Dans une séquence devenue virale, la Première ministre marocaine, Fatima Ezzahra El-Mansouri, s’en est prise à des parlementaires conservateurs du Parti de la justice et du développement (PJD).

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“Est-ce vous qui décidez qui est musulman et qui ne l’est pas ?” s’est emportée la cheffe du gouvernement à la tribune. À l’origine de cette querelle, une remarque de députés du PJD rappelant qu’il faudrait suspendre la séance pour la prière, rapporte le quotidien marocain TelQuel, qui a diffusé l’intégralité de la séquence sur sa chaîne YouTube. Une demande qui n’a pas manqué d’agacer Fatima Ezzahra El-Mansouri. Cette dernière a critiqué l’attitude des représentants du PJD, sous-entendant qu’ils cherchaient à se faire passer pour des bons croyants, contrairement aux autres parlementaires.

Un double discours

La cheffe du gouvernement s’est ensuite emportée en fustigeant de manière générale leur rapport à la religion. Elle est notamment revenue sur des propos d’Abdelilah Benkirane, secrétaire général du PJD, qui en 2014 avait comparé les femmes à un “lustre éclairant le foyer” devant les parlementaires. Fatima Ezzahra El-Mansouri “a accusé ses interlocuteurs de tenir un double discours”, précise Tel Quel, celui d’“encourager les études et l’activité professionnelle de leurs propres filles, tout en voulant cantonner les autres Marocaines au foyer dans ce rôle de lustre”.

“Je ne suis pas un lustre. Je suis une raison, une conscience, des convictions et un combat”, a-t-elle alors déclaré sous les applaudissements de la salle, avant de conclure : “Voilà une femme qui se tient devant vous.”