LETTRE DE CUZCO
C’est l’un des joyaux du Pérou. La Vallée sacrée des Incas, au nord-est de Cuzco – ancienne capitale de l’Empire entre le XVᵉ et le XVIᵉ siècle –, frappe d’abord par sa beauté : des montagnes enneigées culminant à 6 000 mètres d’altitude toisent les plaines fertiles au climat clément toute l’année, où serpente le fleuve Vilcanota. C’est un écrin naturel jalonné de centaines de sites archéologiques, vestiges des époques préhispaniques et coloniales, où se pressent chaque année plusieurs centaines de milliers de touristes en route vers le Machu Picchu.
Les Incas avaient fait de cette vallée leur grenier alimentaire mais aussi un haut lieu cérémoniel et religieux. Aujourd’hui, ce paysage « bioculturel », pourtant reconnu patrimoine culturel de la nation, où vivent quelque 100 000 habitants, des petits paysans et des commerçants, est en sursis.
La Vallée sacrée frappe désormais le visiteur par sa bétonisation galopante, souvent illégale et dépourvue de toute considération esthétique : constructions de cinq étages en briques non enduites, vitres teintées, escaliers extérieurs en béton, etc. Elle ressemble de plus en plus à un chantier permanent, qui grignote à marche forcée les terres agricoles.
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