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Au procès du djihadiste Othman Garrido, « l’inversion des valeurs » et la banalité du mal : « Très rapidement, l’humain adhère à cette violence »

Le terroriste était interrogé, lundi 21 septembre, devant la cour d’assises spéciale de Paris, sur sa participation à des décapitations publiques en Syrie. S’il a posé un regard lucide sur l’homme qu’il était alors, il s’est montré bien plus confus concernant son implication dans c

Au procès du djihadiste Othman Garrido, « l’inversion des valeurs » et la banalité du mal : « Très rapidement, l’humain adhère à cette violence »
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Othman Garrido n’est pas un djihadiste comme les autres. Au fil de ses six années passées en détention, il semble avoir effectué un profond travail de remise en question au sein du quartier de prise en charge de la radicalisation. Et, depuis le début de son procès devant la cour d’assises spéciale de Paris, lundi 14 septembre, il porte un regard critique rarement entendu dans cette enceinte sur son engagement djihadiste, qu’il conjugue d’ailleurs au passé.

Mais avoir du recul sur soi-même n’efface pas le passé. Et si son évolution sera prise en considération au moment du délibéré, ce Montpellérien de 32 ans est avant tout jugé pour les crimes qu’il a commis en Syrie dans les rangs du groupe Etat islamique (EI), en l’occurrence des assassinats en raison de sa participation à des décapitations, pour lesquelles il encourt la réclusion criminelle à perpétuité.

La deuxième journée de son interrogatoire, lundi 21 septembre, était consacrée à ses activités en Syrie et aux exactions qui lui sont reprochées. Un thème, qui a scandé toute son audition, illustre l’examen de conscience qu’il dit avoir entamé : « l’inversion des valeurs » dans laquelle cet accusé, élevé depuis son plus jeune âge par un père djihadiste avant de partir en famille en Syrie à seulement 18 ans, a baigné jusqu’à son incarcération en France en 2020, à l’âge de 26 ans.

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En décembre 2013, un peu plus d’un an après son arrivée en Syrie, il avait publié sur Facebook la photo d’un homme tenant une tête tranchée, lui rappelle la présidente. « Aujourd’hui, je regarde ça avec beaucoup de honte. Je me dis que ça a pu motiver quelqu’un à tuer ici, en France, admet-il. Mais c’était l’ambiance, toutes les valeurs étaient inversées, et c’était tout à fait normal de prendre la photo d’un cadavre. »

Son tweet se réjouissant de l’arrivée d’esclaves sexuelles yézidies après le début du génocide de cette minorité par l’EI ? « Il y avait une atmosphère, une inversion des valeurs et, étrangement, l’humain n’est pas insensible à ça, analyse-t-il. On se laisse porter par ce climat, cette normalité. Aujourd’hui, je me demande comment j’ai pu accepter ce qui se passait autour de moi. » Rarement a-t-on entendu un djihadiste évoquer de façon aussi limpide la fameuse « banalité du mal », ce concept forgé par la philosophe Hannah Arendt (1906-1975) qui hante l’ordinaire des procès pour terrorisme.

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