“Bien joué, Andy… Maintenant, au boulot !” écrit le quotidien régional Manchester Evening News, en une de son édition du mardi 21 juillet. La veille, Andy Burnham, 56 ans, a pris ses fonctions de Premier ministre du Royaume-Uni. Il apparaît sur la couverture du journal, aux côtés de sa femme Marie-France van Heel, sur le perron du 10, Downing Street.
Longtemps maire travailliste du Grand Manchester, fonction qu’il occupait il y a encore un mois, Burnham est un leader régional reconnu, surnommé “le roi du Nord”. En prenant la suite du démissionnaire Keir Starmer, il devient le septième Premier ministre du pays depuis le vote du Brexit en 2016. “Sa mission à présent : remettre en selle le Parti travailliste et reconquérir la confiance des électeurs déçus”, écrit le quotidien.
La journée du lundi 20 juillet a été marquée par le traditionnel discours prononcé devant sa nouvelle résidence et la nomination de son gouvernement. Burnham s’est lancé dans une critique véhémente de la politique menée au Royaume-Uni lors des 40 dernières années – centralisation, privatisation, désindustrialisation. Il a ensuite plaidé pour un renforcement des prérogatives de l’État, annoncé que ses premières mesures viseraient à soutenir le pouvoir d’achat des ménages et s’est engagé à offrir “un toit pour tous”.
Implacable
“On retiendra toutefois sa promesse la plus ambitieuse, celle d’incarner ‘le plus grand changement des quarante dernières années.’ Un défi particulièrement audacieux”, poursuit le titre dans un autre article. “Au cours des quarante dernières années, les réformes de Margaret Thatcher, la décentralisation, le Brexit, la crise financière, les politiques d’austérité et la pandémie de Covid-19 ont profondément changé le Royaume-Uni. C’est peu dire qu’en promettant un changement de même ampleur, [le nouveau Premier ministre] crée certaines attentes.”
La formation de son cabinet a, quant à elle, donné lieu à une valse des ministres. Des fidèles de son prédécesseur ont été victimes d’une “purge”, quand d’anciens caciques du Parti travailliste en froid avec Starmer ont fait leur retour au gouvernement. John Healey a, par exemple, été nommé Chancelier de l’Échiquier (en charge des finances et du trésor), quelques semaines après avoir démissionné du poste de secrétaire d’État à la Défense et publiquement critiqué la gestion de Downing Street. “L’écrémage a été brutal”, résume le Manchester Evening News, ajoutant que Burnham “a montré son côté implacable”.
Pour le journal local, son discours “était important, car il a confirmé que Burnham comptait rester fidèle à la philosophie qui a guidé sa gestion de maire. […] Reste à savoir si cette philosophie, appliquée au niveau national, portera ses fruits.”
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