Les statues antiques des déesses [de la mythologie égyptienne] Héqet et Beset, trop lourdes pour être déplacées, ont servi de cibles d’entraînement au tir. Quant aux restes de squelettes vieux de 4 000 ans du laboratoire de bioarchéologie, ils ont été éparpillés ou brûlés. La chambre forte contenant l’or a été saccagée, les espaces de stockage incendiés.

Pour qui parcoure les allées du Musée national du Soudan, tout témoigne des effets dévastateurs de la guerre civile sur l’histoire culturelle du pays.

“Si on les perd, on perd notre identité”

“C’était systématique : ils sont entrés dans les réserves et ont volé tout ce qu’ils pouvaient”, explique Umaima Abdul-Rahman Al-Sanusi, l’une des conservatrices du musée, qui jette un regard désolé sur une vitrine brisée. Elle parle des Forces de soutien rapide (les FSR), un groupe paramilitaire qui s’est emparé de la capitale (et de son musée) en avril 2023, avant que les forces gouvernementales ne les en délogent en mars de l’année dernière.

Lorsqu’elle a découvert pour la première fois l’ampleur des dégâts au musée (où elle travaille depuis une quinzaine d’années), elle a fondu en larmes. Même aujourd’hui, plus d’un an après son retour au musée avec ses collègues, le ton de sa voix montre qu’elle ne l’a toujours pas digéré.

“Ces objets