Un site du géant pétrolier Aramco à Riyad a été ciblé samedi par les Houthistes. “En réponse aux attaques de l’ennemi saoudien sur Sanaa et d’autres provinces yéménites”, note Almasirah, une chaîne affiliée au groupe rebelle. Drones et missiles balistiques ont été utilisés pour cette opération militaire.
Des données satellites font état d’une “activité thermique inhabituelle” sur le site en question, rapporte Türkiye Today. Le média turc rappelle que des raffineries saoudiennes ont déjà été touchées en juillet, en août et en septembre. “Les exportations de pétrole et les infrastructures énergétiques de l’Arabie saoudite sont sous pression depuis le début de la guerre en Iran fin février”, observe Türkiye Today. Les hostilités entre les Houthistes, soutenus par Téhéran, et les forces gouvernementales, avec l’appui des Saoudiens, ont repris cet été après quatre années de calme relatif et le cessez-le-feu négocié sous l’égide de l’ONU en avril 2022, souligne le Middle East Eye.
L’opération de samedi fait suite “à une escalade majeure” de la part des Saoudiens, ajoute Almasirah. Une soixantaine d’attaques ont visé les places fortes des Houthistes dans les vingt-quatre heures précédentes. Un porte-parole du groupe a prévenu que “l’équation blocus pour blocus, escalade pour escalade” continuerait “jusqu’à ce que l’agression cesse”.
L’ampleur de l’attaque sur Aramco a été minimisée par l’armée saoudienne. Un de ses porte-paroles, cité par Arab News, a dénoncé des “victoires imaginaires”, clamant que les déclarations des Houthistes n’étaient qu’une “tentative de diversion face à l’ampleur de leurs pertes et la colère grandissante du public contre la milice”. Plus de 1 500 rebelles auraient été tués ou blessés entre vendredi et samedi.
Les forces du gouvernement yéménite, reconnu par la communauté internationale, auraient bombardé des centres de commandes, des points de rassemblement et des dépôts de munitions. Au moins 700 “membres de la milice” auraient été neutralisés dans ces attaques, selon l’armée régulière du Yémen. De nouveaux bombardements ont touché la capitale Sanaa, contrôlée par les rebelles, dimanche dans la nuit.
Des conflits régionaux interconnectés
Ces “accrochages semblent suggérer un échauffement pour une opération militaire majeure […] si l’on en juge par les frappes, les incidents et les batailles que nous surveillons”, analyse Al-Jazeera. Le média qatari, évoque la possibilité d’“une opération militaire synchronisée et coordonnée dans les prochains jours”.
Taiz, au sud-ouest, est l’autre front du moment. The National parle d’un “bastion de résistance anti-rebelle”. Pour le conquérir, les Houthistes risquent toutefois de faire face à “une bataille coûteuse”, prévient le journal d’Abu Dhabi mais cette prise “représenterait une victoire militaire et politique majeure”. La troisième plus grande ville du pays a beaucoup souffert depuis une décennie avec des dizaines de milliers de familles forcées d’évacuer, parfois plusieurs fois, rappelle The National. Les combats dans la région se sont intensifiés récemment. Les Houthistes semblent essayer d’encercler Taiz.
Et pour le Jerusalem Post, cette crise ravivée au Yémen converge avec celles en cours en Éthiopie, au Soudan et en Iran, “aggravant l’instabilité régionale”. De la mer Rouge à la Corne de l’Afrique, ces conflits seraient “interconnectés”, estime le journal. Ils affectent les deux côtés d’un passage essentiel pour le pétrole et le commerce mondial. Même si ces guerres n’ont rien à voir les unes avec les autres, “la géographie les lie de plus en plus”.
D’après le Post, des discussions sur l’Iran mais aussi les éventuelles actions à entreprendre contre les Houthistes ont réuni vendredi à Camp David le vice-président américain JD Vance, le secrétaire à la défense Pete Hegseth et le secrétaire d’État Marco Rubio.
7 Octobre, trois ans plus tard : l’insoutenable déni de responsabilité de Nétanyahou
Commentaires (0)
Laisser un commentaire
Aucun commentaire. Soyez le premier !